Du Montessori à la maison

Boîtes à sons montessoriennes faites maison
Boîtes à sons montessoriennes faites maison avec des boîtes à pellicule de photo

Suite à la discussion initiée sur le billet précédent traitant de l'école, je vous livre mes impressions sur la pédagogie Montessori et les différentes approches que nous avons faites. Comme tout bobo-bio qui se respecte, j'ai forcément entendu parler du Dr. Maria Montessori qui n'a rien à voir avec M. Rudolf Steiner et les écoles à son nom sauf que Monsieur21 les confond toujours (mais pour sa défense, il affirme qu'ils se ressemblent beaucoup sur leurs photos respectives en noir et blanc).

Tout d'abord sur les principes, nous sommes à 200% sur la même longueur d'onde que feue Mme Montessori. J'étais tellement enthousiaste à la découverte de sa pédagogie qu'il me tardait de tester certains exercices classiques (transvasement de graines ou de farine) avec Gamin21 alors qu'il n'était pas encore en âge de les faire (oui, j'ai dû beaucoup balayer autour du plateau d'exercice...).

Les livres

J'ai acheté plusieurs livres sur le sujet, recherchant une référence pour des exercices à proposer au quotidien. Comme il en existe beaucoup, vaguement inspiré de... ou pur et dur Montessori, j'ai posé la question sur des forums ou contacté des

Eveiller, épanouir, encourager son enfant
Eveiller, épanouir, encourager son enfant de Tim Seldin

auteurs d'ouvrages sur cette pédagogie. Et voici mes impressions :

  • Le quotidien avec mon enfant de Jeanette Toulemonde : un peu basique pour des bobo-bio, mais il recèle quelques bons conseils et est sympa à lire ; j'ai été surtout étonné de la marche à suivre pour construire une chaise haute "ergonomique", l'auteure ne connaît pas la Tripp Trapp ou ses équivalents visiblement.
  • Eveiller, épanouir, encourager son enfant de Tim Seldin : Gamin21 l'a adoré, et on le lisait plusieurs fois par jour pendant longtemps car il fourmille de photos d'autres enfants occupés à toutes sortes d'activités
  • La pédagogie Montessori illustrée de Murielle Lefebvre : à fuir, si vous avez quelques notions de la pédagogie Montessori (et que vous ne voulez pas payer plus du double du livre de Tim Seldin). Il n'y a aucun exercice pratique décrit. J'ai été terriblement déçue par cet achat. Par contre, l'auteure offre une introduction assez complète avec plein d'idées d'exercices.

Le matériel et les écoles

Par la suite, j'ai découvert le monde du matériel et de l'enseignement Montessori.

Le matériel a l'air dément, mais concrètement, je ne me voyais pas investir autant d'argent et de temps pour enseigner moi-même du Montessori.

Très logiquement, je me renseigne sur l'existence et les tarifs des écoles Montessori dans la région.

Outre la difficulté que connaît tout parent actif pour concilier le travail et le transport des enfants à une école distante, l'obstacle majeur d'une scolarité Montessori, c'est son prix exhorbitant. Des chiffres à 4 zéros qui s'alignent pour un écolage, et j'envisage déjà de vendre un de mes reins pour offrir une année à Gamin21. Et pour traiter équitablement PetitBébé21, il me faudrait vendre ma mère...

Plus sérieusement, et c'est le bémol que relève Monsieur21 : n'y a-t-il que des gosses de riches ou de martyres-sacrifiant-tout qui peuvent aller dans une école Montessori ?

Pour confirmer cette hypothèse, j'ai entendu dire que Philip Morris (où les employés gagnent facilement 10-20% de plus qu'un salarié du même domaine sur le marché) a tenté de mettre en place une garderie Montessori. Comme quoi, des gens qui fabriquent des consommables létaux se soucient également d'une bonne éducation pour leurs enfants.

Donc la question de fond garde son importance : seuls les nantis peuvent-ils s'offrir une école privée (montessori, steiner ou autre) comme seule l'aristocratie avait accès à l'enseignement tout court ? C'est presque un comble pour une pédagogie qui est née par et pour les enfants intellectuellement ou socialement défavorisés.

Attention aux parents qui se lancent dans la recherche d'une école, car il existe des écoles "inspirées de Montessori" et des écoles "réellement Montessori" : il faudrait aller les visiter pour le vérifier...

Quelques petites choses "montessoriennes"

Concrètement, j'ai testé avec succès :

  • mettre le lit par terre dès qu'il sait faire ses premiers pas pour qu'il puisse en sortir tout seul le matin (vers 1.25 an)
  • mettre des crochets à sa hauteur dans la garde-robe pour qu'il puisse ranger sa veste seul au retour d'une balade (vers 1.5 an)
  • accrocher une ceinture à la poignée pour qu'il puisse ouvrir sa porte tout seul (vers 1 an)
  • transvaser des haricots secs, du millet, de la farine (vers 1.5 an)
  • célébrer son anniversaire Montessori (3 ans)
  • se faire son lait chocolaté tout seul (3 ans)
  • se verser de l'eau depuis un pichet à son verre (3 ans)

Bien sûr, je n'ai pas tout exploré, loin de là. Mais avec la fin de l'été et des loisirs à l'extérieur, je vais peut-être réussir à me motiver pour introduire quelques exercices montessoriens pour occuper ma marmaille.

Pour aller plus loin

Ecole 2010 ou Loi sur l’Enseignement Obligatoire : que choisir ?

Que voter entre Ecole 2010 et LEO ?
Que voter entre Ecole 2010 et LEO ?

Une fois n'est pas coutume, je n'apporterai pas mon avis sur l'épineuse question éponyme, mais je vous la pose, chères lectrices et chers lecteurs vaudois (si, si, je sais qu'il y en a parmi vous) : que votez-vous pour dimanche 4 septembre (petite piqûre de rappel pour ceux qui auraient oublié) et pourquoi ? Et je vous serai infiniment reconnaissante de me donner votre opinion avant dimanche 10h45, car le bureau de vote ferme à 11h et j'ai besoin d'une dizaine de minutes pour m'y rendre 🙂

Mes enfants n'étant pas encore en âge scolaire, je n'ai pas d'expérience vécue en tant que parent voire en tant qu'élève d'Ecole Vaudoise en Mouvement (en Mutation ?), de son petit nom EVM. Apparemment, cette expérience pédagogique EVM sans note pour qualifier le travail des élèves est un "échec". Je relève la problématique des notes, car les deux objets de votation nous proposent un système basé sur les notes, mais tous deux s'emportent et nous soumettent tout un nouveau cadre scolaire.

L'enjeu est de taille vu que par ce vote, nous allons instaurer un nouveau système pédagogique à l'école vaudoise, et ce pour une décennie au moins j'imagine, jusqu'à ce qu'une nouvelle proposition sur une école bien meilleure (si, si, ça serait toujours possible) nous soit soumise (non, ce n'est pas du sarcasme, juste une extrapolation des votes passés et présents).

Pour et contre

Alors passons rapidement en revue les quelques arguments que j'ai pu glâner pour et contre Ecole 2010 et la LEO.

Pour Ecole 2010

  1. Un retour aux notes et aux moyennes générales comme j'ai connu, et forcément le connu, ça rassure.
  2. Ce sont des associations de parents et d'enseignants qui sont à la base de l'initiative.

Contre Ecole 2010

  1. L'UDC soutient cette initiative (retour aux notes, compétitivité, "exclusion" des perturbateurs, ça m'étonne pas trop que Ecole 2010 plaît à la droite-droite).
  2. Les perturbateurs seront regroupés dans des classes spéciales avec un encadrement plus fort. J'ai peur que ces élèves-là soient considérés comme de la racaille à redresser. Je comprends toutefois le besoin d'avoir des élèves sages et attentifs, je me pose seulement la question de savoir si le regroupement de perturbateurs est la bonne solution.

Pour la LEO

  1. A tendance plutôt gaucho-verdo, je suis tentée de suivre les recommandations partisanes (verts, socialistes) qui soutiennent la LEO.
  2. Ne pas stigmatiser les VSO (ex-voie terminale de mon époque, c'est terrible comme ça sonne couloir de la mort) en les regroupant avec la voie générale, ça me plaît bien, mais j'espère que le nombre d'élèves par classe sera très raisonnable.

Contre la LEO

  1. La Société Pédagogique Vaudoise est pour. Si je ne me trompe pas, il me semble que cette même société a vigoureusement soutenu EVM il y a une quinzaine d'années...
  2. J'aime bien Vigousse (on vient de s'abonner à ce petit satirique par ailleurs). Et l'extrait mis en avant par Ecole 2010 pour critiquer le DFJC est parlant.
  3. Il n'y a pas une représentation officielle des enseignants derrière la LEO. Pourtant avec les élèves, ce sont les acteurs principaux sur le terrain ! Etrange, non ?

Evidemment, c'est maigre tout ça, et je n'ai pas mis de pondération sur les différents points relevés.

Je trouve le débat Derder-Lyon rapporté par le 24heures intéressant. Et j'en arrive à la même conclusion : j'ai envie de changement, donc double oui. C'est à la question subsidiaire de la préférence entre Ecole 2010 et LEO qu'il faut encore répondre.

Une autre forme d'école

De toute manière, quelle que soit la forme, c'est aux parents de compléter et de corriger le tir pour faire de nos enfants des citoyens éclairés, conscients et critiques (dixit Monsieur21).

Un autre éclairage sur la question de la forme de l'école actuelle m'a beaucoup interpelée, et je vous laisse le découvrir par vous-même.

Mais plutôt que le Comment, c'est le Quoi de l'école que je remets en cause. A quand des cours sur la communication (non violente, marketing, etc.), ou sur la systémique par ex. ? Le dernier numéro de la Revue Durable apporte une partie de réponse par un dossier sur l'éducation au développement durable. Les choses bougent sur la bonne voie, mais y a encore du boulot !