Elections fédérales 2011 : comment faire pour bien voter ?

Voter pour les élections fédérales 2011
Voter pour les élections fédérales 2011

A une semaine des élections fédérales qui se déroulent chaque 4 ans, je deviens fébrile : pour quel parti voter et qui élire ? (mais qui sont ces sinistres inconnus qui n'arrêtent pas de me montrer le résultat de leur récent détartrage dentaire en format A0 aux abords des routes suisses ?)

Déjà de une : il faut aller voter et inciter les gens à voter ! Moins de la moitié des citoyens suisses vont voter. Je comprends le désarroi de l'électeur moyen (moi par ex.) devant la pléthore de candidats dont la plupart des noms ne me disent rien (22 listes et généralement 18 candidats par liste = plus de 300 noms vaudois ; je n'ose même pas imaginer le calvaire des Zürichois qui doivent en avoir le double).

Smartvote

Le coeur vaillant, je me rassure en me disant que smartvoter me sauvera de ce problème épineux, car bien choisir, je le veux. De plus, j'adore les psycho-tests. Et finalement, smartvote, c'est comme un gros psycho-test mais avec des questions un peu moins croustillantes que celles élaborées pour savoir si votre couple va durer ou si votre compagnon est un bon coup au lit.

Le coeur un peu moins vaillant, je découvre que le questionnaire complet comporte 75 questions. Pis : au lieu du petit quart d'heure que je pensais consacrer à smartvote, je me résigne à lire toutes les descriptions détaillées pour ne pas me tromper dans les réponses. Le coup de grâce m'est donné par l'option permettant de pondérer la réponse pour chacune des 75 questions. En gros, pour bien faire, il faut compter au moins trois quarts d'heure.

François Cherix
François Cherix, photo tirée du blog du Forum des 100

Alors ? Qui est mon alter ego politique, mon jumeau cosmique partisan ? Smartvote, ô mon beau smartvote, dis-moi qui est mon élu ? Vu que je me soupçonnais de gauche (fille de prolétaires, ça ne se commande pas), je me voyais déjà très Rorger Nordmann, brillant et terriblement sexy, ou Géraldine Savary, compétente et classy.

Mais noooon, rien de tout ça ! Mon élu est François Cherix. Son patronyme a beau être attendrissant (à moins que cela ne se prononce "cheuri" ?), Karen Sheryl lui a peut-être dédié une chanson, j'en suis malgré tout extrêmement déçue (sa photo ci-contre illustrera sans commentaire mon désappointement).

Je pensais être très futée en prenant les 18 propositions de candidats crachées par smartvote et en les renotant bien proprement sur la liste blanche dédiée à aucun parti. Le résultat de smartvote confirme mon intuition en m'indiquant que ma position n'est pas très profilée. Toutefois, je ne suis pas très satisfaite du résultat, et pas très rassurée de ne me fier qu'à un programme, aussi sophistiqué soit-il.

Smartvote n'est pas la panacée en raison des défauts suivants :

  • Tous les candidats n'ont pas participé à smartvote. Les absents ont toujours tort, mais quand même...
  • Les questions sont choisies de manière à pouvoir positionner les réponses sur les axes : libéral - conservateur et gauche - droite. Une quantification est aussi mesurée selon les thèmes visibles sur le smartspider à savoir : ouverture vers l'étranger, politique économique libérale, politique des finances restrictive, ordre et sécurité, politique des migrations restrictive, forte protection de l'environnement, état social fort, société libérale.
  • Last but not least : je smartvote comme François Cherix.

Mais où sont les femmes ?

La Suisse compte plus de femmes que d'hommes. Mais étrangement, dans les postes à responsabilités, celles-ci sont très très minoritaires (voir le tableau en p. 6 de l'étude sur les femmes leaders), et cela n'est pas propre à la Suisse. Je ne voudrais pas lancer un débat sur ce sujet. J'en ai animé un récemment dont quelques conclusions peu dégrossies sont : tant que le système est biaisé, il faut introduire des femmes grâce aux quotas ou à d'autres moyens "artificiels".

Application concrète de ce principe : les 6 premiers candidats seront mes premiers candidats smartvote, et les 12 derniers seront des femmes ou des gens que je connais personnellement (vivi, j'ai bien voté pour toi Y.R.).

A 30% de femmes pour le Conseil National et 20% pour le Conseil des Etats (c'est la ptite brochure aux épices que nous avons reçue de la Chancellerie Fédérale qui le dit), nous sommes loin de la parité alors que le suffrage féminin suisse fête son 40e anniversaire cette année. Même si c'est Madame qui porte le pantalon à la maison, c'est pas elle qui va appuyer sur le petit bouton de vote au Palais Fédéral au final. Donc : y a du boulot pour que cela change, et cela est encore possible par un simple vote avant dimanche prochain.

Pour aller plus loin

Voilà, voilà. Je ne prétends pas avoir la recette toute faite pour bien voter, s'il y a des meilleures méthodes pas trop chronophages, je suis preneuse de vos avis.

Au delà des élections qui se profilent, la plongée dans les notions de libéralisme, conservatisme ou politique gauche droite est passionnante pour la béotienne que je suis et j'invite vivement celles et ceux qui le peuvent à  étudier la question pour s'instruire et se former une opinion politique d'abord, mais surtout pour se poser la question primordiale : quelle est ma vision pour la société d'aujourd'hui et de demain ?