Sacs biodégradables, en plastique ou en papier : quel écobilan ?

Concours coop
Concours coop

Récemment à la Coop, j'ai remarqué à la caisse un concours permettant de gagner des séjours dans un hôtel bio. Je m'extasie sur l'existence d'hôtel "bio", puis, je fronce les sourcils sur l'argumentation du dépliant critiquant le mauvais écobilan des emballages biodégradables et faisant l'apologie des emballages traditionnels pour prolonger la fraîcheur et donc la vie des aliments à vendre.

Selon Coop, les emballages biodégradables sont mauvais pour l'environnement et la population

Voici le passage qui m'a interpelée :
"3. Pas d'emballage trompeur ?

Les nouveaux emballages biodégradables ne sont pas toujours à la hauteur de leur réputation: leur écobilan est souvent plus mauvais que celui des emballages en plastique conventionnel. A l'heure actuelle, Coop renonce donc sciemment aux emballages fabriqués avec des aliments, par exemple l'amidon de froment ou le maïs, afin de ne pas accentuer la pénurie alimentaire mondiale et faire augmenter le prix des denrées dans les pays du tiers-monde. A noter que les emballages biodégradables sont fabriqués à partir de plantes modifiées génétiquement, issues de monocultures intensives."

Selon BioApply, Coop se trompe

Pour en avoir le coeur net, je me suis adressée à BioApply, une petite entreprise locale proposant des sacs biodégradables, pour confronter leur point de vue à celui de la Coop. Je reproduis ici un extrait de notre correspondance.
BioApply : Concernant la COOP, il est vrai qu’ils ont pour l’heure toujours affiché une certaine hostilité vis-à-vis des sacs biodégradables. Malheureusement, je pense que leur motivation est plus économique et consensuelle dans le cadre du duopole Suisse de la grande distribution, Coop et Migros. Il y a quelques années, Carrefour Suisse avait adopté les sacs biodégradables mais ils ne sont plus sur le territoire. Ce qui est encore plus déplorable, c’est que les sacs en papier (notamment ceux de la COOP) présentent le plus mauvais bilan écologique, la grande distribution ne l’ignore pas. Cependant, puisque le rendu papier donne une impression “naturelle” et “écologique” auprès du public, ils demeurent très fréquents.
Moi : Je parcours avec intérêt votre FAQ. Je reste toutefois perplexe car vous n'entrez pas dans les détails de l'écobilan en absolu par rapport à ce qui concerne la production. Pourriez-vous me renseigner et peut-être contre-argumenter les points soulevés par Coop-naturaplan point 3. Pas d'emballage trompeur ?
  1. Moi : [Qu'en est-il de l'] écobilan des sacs biodégradables souvent plus mauvais que les plastiques conventionnels ?
    BioApply : Ce point n’est argumenté d’aucune étude. J’avais d’ailleurs demandé à l’époque les sources mais sans succès. Les études les plus récentes attestent du contraire.
  2. Moi : La matière première [des sacs biodégradables est l'] amidon de maïs => contribution à la pénurie alimentaire et augmentation des prix des aliments dans les pays du tiers-monde ?
    BioApply : Un argument facile mais qui n’est pas pertinent. Les sacs sont issus de l’agriculture européenne non destinée à la consommation humaine. Garantis sans OGM. Les fluctuations des cours de matières premières dont le maïs sont en corrélation avec la spéculation financière et avec la demande croissante de la classe moyenne émergente en Inde et en Chine notamment. Alors que le secteur des bioplastiques a continué de croître de +30% par an ces dernières années, les cours de matières premières ont chuté. Donc, pas voire peu de corrélation entre les cours et les bioplastiques.  Enfin, même si ce n’est pas le but recherché, si tous les sacs plastiques de la zone Euro étaient remplacés par des sacs biodégradables du jour au lendemain, cela demanderait moins de 5% de la production agricole européenne. Par la mise en place des sacs biodégradables, le but est aussi de promouvoir les sacs bio réutilisables ou les sacs payants afin de réduire drastiquement les volumes.
  3. Moi : [Les sacs biodégradables sont] à base d'OGM généralement ?

    BioApply : Les bioplastiques US sont généralement à base d’OGM, pas les nôtres.

Les dernières études sérieuses sur l'écobilan des sacs de caisse

1. sac plastique solide, 2. sac plastique à fruits/légumes, 3. sac papier, 4. sac OK compost
1. sac plastique solide, 2. sac plastique à fruits/légumes, 3. sac papier, 4. sac OK compost

Dans mon élan intrépide, je demande à BioApply de me fournir les fameuses études récentes sur la question de l'écobilan des sacs plastiques, papier, biodégradables etc. Et j'ai été servie : un rapport de plus de 40 pages avec une marche à suivre rigoureuse, et différents scénarios de réutilisation. En résumé, ce rapport contient :

  • une définition du champ d'études (quels sacs, quelles quantités de sacs pour atteindre un même objectif - transporter 9000 litres de marchandises),
  • des découpages en sous-systèmes (production des matières premières, fabrication, transport, utilisation, fin de vie),
  • des hypothèses de calcul (masse, distance de transport, etc.),
  • des résultats par critères écologiques (consommation d'énergie, d'eau, émissions de gaz à effet de serre, acidification atmosphérique, eutrophisation etc).
Bref, au bout de plusieurs dizaines de pages de tableaux de chiffres, je tourne de l'oeil, et me jette sur les tableaux récapitulatifs en espérant y dénicher LE résumé disant le sac xxx a le meilleur écobilan. Rien de tout ça. En guise de cerise sur le gâteau, ce sont 3 tableaux qui me sont offerts, comparant les différents sacs avec une utilisation du sac plastique traditionnel (utilisation kleenex, réutilisation en sac poubelle à 32%, réutilisation en sac poubelle à 65%).
Ma conclusion : l'écobilan est bon quel que soit le matériau du sac du moment qu'on s'en sert un nombre conséquent de fois (une trentaine). A part pour l'eutrophisation, l'écobilan des sacs biodégradables est un peu meilleur dans les 3 cas d'utilisation, mais ce petit peu meilleur dépend du nombre de réutilisation que vous en faites.

Et qu'en pensent les autres ?

Migros met en vente depuis 2008 des sacs plus solides en polypropylène et dit étudier l'écobilan de tous ses emballages. Chez Payot récemment, je suis tombée sur une publicité pour une offre de sacs en tissu bio. Les grands commerces semblent donc sur la bonne voie. Mais rien de tel dans les pharmacies, ou toute autre boutique où la vendeuse emballe machinalement vos achats avant que vous ayez le temps de dire "Jèp" (de : J'ai pas besoin de sac).
A moins de 3 mois d'intervalle en 2008, deux motions parlementaires ont été déposées en Suisse pour la réduction voire l'interdiction des sacs non réutilisables et non recyclés. La première motion (au Canton de Berne), comme la seconde (au niveau fédéral), a été rejetée. Mais plus que la demande en soi, c'est la réponse à ces motions qui est intéressante, notamment celle du Conseil Fédéral :
  • les sacs plastiques sont pratiquement tous réutilisables, c'est au consommateur d'agir (c'est vrai, mais ça fait pas de mal si on nous y aidait un peu des fois),
  • les sacs plastiques ne portent que peu atteinte au paysage suisse car nous avons un système d'élimination des déchets efficace (et apparemment, nous ne volons pas notre réputation de pays "propre" grâce à ses citoyens bien élevés),
  • "l'énergie libérée par la combustion de déchets est utilisée pour produire de l'électricité et de la chaleur"  et "la fumée générée par la combustion est filtrée de manière efficace: les émissions sont donc minimes",
  • il y a d'autres priorités écologiques comme l'isolation des bâtiments.

Mes conseils

  • Achetez des sacs de commission de bonne qualité réutilisables en bonne quantité ;
  • Déposez  2-3 de ces sacs dans des endroits stratégiques comme : votre habitation, votre voiture, votre lieu de travail, votre sac à main ;
  • Faites-vous plaisir et procurez-vous ces jolis sacs ou chariots à commission que vous pourrez réutiliser jusqu'à plus soif (je dis ça, mais je n'ai pas testé leur solidité et leur durée de vie) ;
  • Pensez à prévenir la caissière d'une boutique que vous ne souhaitez pas de sac : exprimez-le au moment où elle prend votre marchandise, car après, le temps que vous cherchiez votre monnaie et voilà qu'elle vous tend déjà vos achats dans un beau sac tout neuf qui va rejoindre ses petits jumeaux dans votre réserve de sacs (les vendeuses sont extrêmement prestes, j'ai tendance à l'oublier) ;
  • Gardez toujours vos petits sacs plastiques pour une n-ième reconversion : sac pour petites emplettes, sac pour transporter le pique-nique, sac poubelle ;
  • Au rayon fruits et légumes, vous pouvez utiliser un sac plastique pour mettre plusieurs fruits ou légumes différents, il suffit de peser à part d'y et coller toutes les étiquettes (et même en faisant ça, j'ai encore une bonne réserve de sacs pour nos différentes mini-poubelles) ;
  • Si vous avez un compost pas trop loin de chez vous (mais pas trop près non plus, selon le vent, ça fouette les narines), profitez pour y déposer vos sacs biodégradables ;
  • Faites attention aux sacs "fragmentables" (interdits en Suisse mais disponibles en France ou en Espagne) : ce sont des sacs en plastique traditionnel qui se désagrègent en une nuée de particules toxiques (il faut vraiment avoir un grain pour inventer un truc pareil), pour être sûr, vérifiez que votre sac comporte bien le label OK Compost ou Din Certco.

Pour en savoir plus

350 : un fraisier, une action, un jour pour changer le monde à Lausanne

Après ma petite participation en tant que bénévole au Festival de la Terre 2009, mon abonnement à la Revue Durable, mes inscriptions aux Anges Gardiens, puis au Climat entre nos mains, je me vois dérouler la pelote Ecolo à force de tirer le fil, et je passe ainsi du côté de l'"activisme" en toute logique. J'outrepasse bien sûr le motto Tu ne peux pas changer les autres - à comprendre "les autres" = "le monde", tu ne peux que te changer toi-même, mais les fidèles de ce blog constateront que je ne suis pas à une contradiction près (shopaholic et simplicitaire ?!).

Former un 350 géant à l'aide de pots de fraisiers

Ne vous réjouissez pas trop vite de me voir enchaînée au pied d'une centrale nucléaire aux nouvelles du 19:30 sur la TSR prochainement. Non, il s'agit de participer à une très jolie action symbolique dans le cadre de "350 : le mouvement planétaire en faveur du climat", action se déroulant à la Place de l'Europe à Lausanne le samedi 24 octobre 2009 de 10h à 12h30, où nous allons former un grand "350" avec des pots de fraisiers généreusement offerts par la Ville de Lausanne.

Si je vous donne des informations d'une telle précision, c'est moins par souci journalistique, que pour vous faire passer un message tout sauf subliminal qui vous dit : venez faire un petit geste pour vous, mais un grand geste pour l'humanité (oui, ok, c'est à peine du plagiat... mais 2009 est aussi l'anniversaire des premiers pas sur la lune : ce sont les médias qui me conditionnent), et participez à la formation de ce 350 géant qui sera photographié depuis la passerelle au dessus de la place à 11:45. Vous pourrez même emporter votre pot de fraisier en souvenir ! (Rien que pour ce pot, je vais motiver Monsieur21 à venir, cela sera certainement mon plus gros défi pour cette action 350...).

Le CO2, le climat qui déglingue, et moi ?

De plus en plus de voix s'unissent pour faire connaître l'impact du CO2 émis par les activités humaines sur les bouleversements climatiques que nous subissons ou que nous allons subir, le plus bling-bling étant Al Gore avec Une vérité qui dérange (2006 déjà!). J'entends aussi des voix qui s'élèvent contre le discours officiel sur le réchauffement climatique (que ce soit pour exprimer leurs doutes sur le lien entre l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère et le réchauffement, ou pour dénoncer les critiques/insultes qui leur pleuvent dessus s'ils osent questionner ce lien - émission Impatience de la RSR du 02.10.2009 vers 9').

N'ayant pas encore fait moi-même le tour de la question, je vous invite à vous informer par vous-même en gardant un esprit critique : pourquoi veut-on nous faire peur ? qui y gagne ? si l'effort qu'on nous demande est de consommer moins, il y a fort à parier qu'il n'y a pas de lobby là-derrière ; à l'inverse, si on vous instille le doute en vous disant qu'il n'y a aucun rapport entre le CO2 et le réchauffement climatique (vrai/faux?), que la Terre a déjà subi des hausses sans action humaine (vrai selon l'étude des carottes de glaces), et que les activités humaines et industrielles n'ont pas d'impact (hum... ça, je peux raisonnablement penser que c'est faux), là vous pouvez commencer à prendre de la distance... La Revue Durable consacre son numéro actuel à ce sujet, et s'il y a bien une chose que j'apprécie chez elle, c'est sa rigueur journalistico-scientifique.

Pour en savoir plus

La vie des choses – The story of stuff

Une fois n'est pas coutume, voici un article dont le contenu principal n'est pas produit par la Famille21. Il me permet de faire patienter nos peu nombreux mais ô combien fidèles lecteurs jusqu'au prochain billet.

Notre rythme pseudo-hedomadaire de publication a pris quelques libertés ces deux derniers mois, mais la rentrée est là ! Et "rentrée" rime avec "rigueur" (hum, c'est plutôt "retour au labeur" rime avec "rigueur" ?), nous ferons notre maximum pour élaborer des articles de qualité chaque semaine (ou presque). Enfin, quand je dis "nous", je dis "je" car Monsieur21 a quelques soucis avec ses poils ces temps-ci, je crois.

Voici une découverte trouvée au gré de mes périgrinations sur le web. De fil en aiguille, ou plutôt de blog en blog (Terreetmer, Pour la Terre, puis enfin Pour un monde durable), je reste scotchée sur cette vidéo d'Annie Leonard d'une vingtaine de minutes expliquant la vie des biens de consommation (The story of stuff). Parce qu'au départ, j'avais pas 20 minutes à "perdre" sur le net, mais là c'est divertissant, c'est instructif, et si j'avais un aussi bon accent américain (et accessoirement, les connaissances de madame Leonard), c'est sûr que je l'aurais faite aussi cette vidéo. Ouais, sûr.

Je vous conseille de la voir en version originale ci-dessous, la qualité de l'image est bien meilleure que la version sous-titrée en français proposée par Pour un monde durable, mais ça va vite, je dirais même que ça décoiffe. Alors peut-être que vous faites comme moi, et vous vous tappez la version française pour comprendre et la version américaine pour apprécier... mais là, ça vous prend tout de même plus de 40 minutes en tout (misère, et moi qui ne pensais passer "que 5 minutes" sur mon ordi...).

Gestes écologiques au quotidien

Après la nuit orageuse d'une rare violence, puis la journée caniculaire d'aujourd'hui (31°), et une invitation d'un ami21 à évaluer ma kyoto-compatibilité, un article sur les gestes écologiques me paraît tout à fait idoine. Pourquoi donc? Ben parce que le climat fout le camp. Météosuisse nous prédit un maximum de 18° (glaglagla) pour samedi, si c'est pas un scandale ça pour un 18 juillet...

Il existe une pléthore de sites web pérorant sur les éco-gestes, fourmillant, à qui mieux mieux, de conseils pour nous aider à faire un petit geste pour notre planète (et notre porte-monnaie en passant). Beaucoup de préconisations se recoupent donc, me laissant toutefois dubitative sur l'impact réel de tel ou tel effort quotidien.

Je ne devais pas être la seule à me faire cette réflexion de la petite goutte d'eau perdue au milieu du fleuve, s'interrogeant sur l'influence qu'elle peut avoir sur l'itinéraire qu'emprunte le cours d'eau dans son ensemble. Car voilà, des initiatives non gouvernementales ont débouché sur des outils qui nous permettent de calculer les économies en kg de CO2 selon notre mode de vie, évalué grâce à un éco-test (c'est comme le psycho-test, sauf que c'est pas "savez-vous vous faire plaisir?" ou "votre couple est-il fait pour durer?", mais c'est presque aussi fun, si si, sans déc).

Aperçu de mon radar comportemental en tant qu'Ange gardien
Aperçu de mon radar comportemental en tant qu'Ange gardien

Anges gardiens de la planète

Comme je le disais dans le précédent article, je suis devenue un Ange gardien. Sous cette dénomination un peu hyperbolique se cache un éco-test et une proposition de 2 gestes écolos mensuels. Le compteur global des contributions de chaque Ange est mis à jour. Et voilà t'y pas qu'on s'extasie sur notre participation à ce mouvement salvateur grâce à quelques petits chiffres (calculés le plus sérieusement du monde grâce à une collaboration avec l'EPFL si mes sources sont exactes).

En parcourant la liste des gestes proposés les mois précédents, je me rassure, rien d'extravagant ni de trop contraignant. Le bénéfice que j'en retire est de m'avoir donné l'impulsion pour passer du "ça serait bien de" à "je le fais", par exemple pour ce qui est de rapporter les médicaments périmés (ou pas) à la pharmacie ; et passer d'une velléité à un acte concret, ben, l'air de rien, ça dégage l'esprit et ça fait du bien.

Le climat entre nos mains

Calcul de mes émissions CO2
Le résultat de mes émissions de CO2

Un autre "il faut que" de vaincu : m'inscrire à Le climat entre nos mains. Je me l'étais promis depuis que j'en avais entendu parler, c'est à dire depuis que je connaissais la Revue Durable, il y a moults mois de cela. Et là, je n'ai aucun mérite vu qu'on m'a presque forcé la main par une invitation opportune...

Sur ce site, nous ne sommes plus des Anges gardiens, mais des Héros ordinaires. Ca sonne, ça claque, ça en jette. J'aime. Par contre, l'éco-test est ici un peu plus ardu : j'ai buté sur les questions "à quoi vous chauffez-vous" et "combien avez-vous consommé d'électricité l'année passée".

Je me retrouve donc à fouiller dans mes papiers de la gérance et dans mes factures de la Romande Energie. Glps. Je tourne de l'oeil en me perdant dans mes conversions en kWh, notion qui m'est complètement lunaire (eh oh, je savais tout de même que ça voulait dire kilo-Watt-heure). D'ailleurs, je pourrais me tromper d'un facteur 100 voire 1000 sur ma consommation énergétique que je n'y verrais que du feu. Me voilà moins ignorante à présent. C'est toujours ça de gagné.

Bref, en complétant les différents questionnaires par thème, mon niveau d'émission de CO2 est calculé et affiché. Et en arrivant au bout, youpiyailleyailleyaille-youpiyoupiyaille : je suis "kyoto+" compatible. Et si cela ne suffit pas, le site me propose de m'engager à faire encore mieux en choisissant quelques éco-gestes à accomplir, genre (pour ne pas trop me mouiller) "Je m’engage à rester au minimum Kyoto-compatible+ et à donner mes tuyaux pour y parvenir". Dont acte, et article sur Famille21, héhé.

Pour en savoir (et en faire) plus

Par ordre croissant (ou de complexité) de propositions

Festival de la Terre 2009 à Lausanne

Badge bénévole du Festival de la Terre
Badge de bénévole du Festival de la Terre

Cela faisait des années que je pensais aller au Festival mondial de la Terre qui se déroule à Lausanne. Et c'est seulement cette année que je me suis décidée à m'y rendre, et tant qu'à faire, je ne le fais pas à moitié : j'y vais en tant que bénévole pour 2 jours et en tant que visiteuse durant le week-end.

Les autres

Mon appréhension première a été de tenter de déceler dans le regard des autres bénévoles s'ils voyaient sur mon front que je n'étais pas végétalienne, que je ne me suis jamais enchaînée à une centrale nucléaire, et que j'adore manger la cuisine viêt qui n'est ni bio ni équitable.

Mais tout ça, c'était des films que je me faisais dans ma tête, car ensuite, je me suis dit que ce festival était justement organisé pour toucher des pékins comme moi vu que son objectif est de sensibiliser la masse populaire aux enjeux du développement durable.

Si les journées se sont dans l'ensemble très bien passées, j'avoue que le repas de midi (délicieux de chez Ozimi) m'a offert un court moment de déréliction quand je me suis surprise à ne pas renchérir sur les critiques de mes voisins de table à propos des aberrations anti-écologiques des "autres". Même si j'adhérais totalement à leur indignation ! Les "autres" c'est moi...

Ou plutôt c'était moi. Car je me suis inscrite aux Anges Gardiens de la planète, héhé. OK, j'avoue, je viens de le faire il y a 5 minutes, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire, non ?

T-shirt bénévole du Festival de la Terre
T-shirt de bénévole du Festival de la Terre

Le bénévolat

Pour un festival de cette ampleur, je m'attendais à une discipline quasi militaire, à un regard réprobateur en cas de retard au rendez-vous et à une organisation millimétrique. Et bien, rien de tout ça. En étant ponctuelle, j'avais une heure d'avance sur les attentes des responsables d'équipe, et en étant efficace, je me retrouvais à attendre pour obtenir les prochaines consignes.

J'ai donc eu plein de temps à papoter avec les autres bénévoles. J'ai découvert des gens très ouverts, souriants et serviables dans une ambiance chaleureuse et bon enfant. Au final, c'était bien cool, c'était bonnard.

Après deux jours de présence, nous avons même eu le droit de garder notre T-shirt de bénévoles.

Le Festival de la Terre, un exercice d'équilibrisme

La diversité des stands qui colorent le festival semble révéler des contradictions : des activistes de l'antispécisme au cuisinier qui grille ses merguez bio, de l'incitation à manger local à la promotion des produits du terroir africain. Mais quelle incohérence ! En apparence. Car les organisateurs le clament : tout est mûrement réfléchi. Et effectivement, rien n'est laissé au hasard.

Afin de toucher le plus de monde, des concessions ont dû être faites : on prône le pragmatisme, on contraint les responsables de stand à signer une charte éthique, et le public doit comprendre le message suivant :

  • Mangez peu voire pas de viande, mais si votre instinct carnivore vous démange, alors préférez le local et bio ;
  • Privilégiez le commerce local, et sinon choisissez au moins des produits équitables.

Le manifeste

L'exposition centrale du festival "Quelle terre en 2050 ?" reprend une partie du manifeste proposé par l'association NiceFuture. Ce manifeste propose un monde où il ferait bon de vivre, un happy-place utopique que je n'aurai malheureusement pas l'occasion d'expérimenter. (Non, je ne suis pas pessimiste, juste lucide. Mais peut-être Bébé21 le pourra ?) Si vous souhaitez rêver un peu à un monde meilleur, vous pouvez annoncer votre adhésion à ce manifeste.

Quelle terre en 2050 ?

Mais comme ils sont bien accrochés ces panneaux d'exposition ! Ooh, les bleus, aaah les roses, wouaaah les verts! (s'ils sont bien droits, c'est un peu grâce à moi, héhé)

Les animations

Le Festival de la Terre, c'est plein d'animations super sympas pour les enfants : chasse aux trésors, bricolages, jeux éducatifs, spectacles, chansons, contes... C'est sûr que dans quelques années Bébé21 pourra s'y éclater pendant que Monsieur21 et Madame21 dégusteront leurs churros bio...