La Fédération Romande des Consommateurs : mon association préférée

En cette année européenne du bénévolat, je me suis récemment dit que, à défaut d'être mon année entrepreneuriale, 2011 sera mon année bénévole.

Moi et mon FRC mag
Moi et mon FRC mag

Avant même que je sache qu'on fêtait le bénévolat, je me suis lancée à corps perdu dans la Fédération Romande des Consommateurs (FRC pour les intimes). Et là, je découvre un monde magique fait de tâches intéressantes, utiles et en adéquation avec mes valeurs. J'ai pu :

  • faire partie des testeurs Fourchette Verte qui quadrillent le Canton pour vérifier la qualité des assiettes servies sous ce label ;
  • organiser un stand d'information ;
  • entrer au comité de la section Vaud ;
  • me former en tant qu'informatrice à la Permanence de la FRC.

La Permanence de la FRC

La Permanence est une organisation extraordinaire peuplée de dames remarquables, nommées les "informatrices", qui vous répondent 5 jours par semaine à toutes vos questions sur la consommation. Ces informatrices chevronnées n'ont pas de diplôme en droit, mais comme elles pratiquent ce bénévolat depuis de longues années, elles en connaissent un bon bout. L''autre bout qui manquerait est apporté par la responsable de la Permanence, juriste de profession.

Si votre question donne du fil à retordre même à la juriste, une armada de spécialistes sont à disposition pour y répondre : faire le tour de la problématique de l'huile de palme, comment récupérer un vêtement délicat taché, sortir un comparatif des poudres à vaisselle pour machine, donner la marche à suivre pour changer de caisse maladie... etc. (Et là, c'est pas un etc-alibi,  j'ai vraiment plein d'autres exemples).

Et tout cela, GRATUITEMENT si vous êtes membre de la FRC ! Ne trouvez-vous pas cela merveilleux et n'avez-vous pas une urgente envie d'adhérer à cette honorable fédération ?

Les Enquêtes de la FRC

Il existe une autre possibilité de bénévolat à la FRC : devenir enquêteur ! PetitFrère21 s'est lancé dans l'aventure et il pourra peut-être nous faire part de ses impressions une fois que les résultats des enquêtes auxquelles il a participé seront rendus publics (d'ici là, tout est confidentiel).

En attendant, il est possible de se faire une idée avec les enquêtes passées : noter les prix des boissons sur les terrasses, celui des billets de cinéma, la provenance des filets de perche servis au restaurant ou encore la qualité des conseils lors d'un achat de chaussures de course dans une boutique de sport.

Les articles sur les enquêtes ne nous disent pas si les enquêteurs se sont régalés avec les chaussures de course ou s'ils ont pu repartir avec leurs filets de perche aux pieds. Dans tous les cas, j'ai récemment appris qu'il est possible de soumettre des thèmes d'enquête à la FRC : mieux que d'être dans les coulisses des enquêtes, vous pouvez en être l'instigateur !

Les Combats de la FRC

La FRC n'est attachée à aucun parti politique. Les thèmes abordés nous concernant tous, il n'est pas étonnant de voir du soutien provenir de tous les partis, même si on constate une concentration plus à gauche qu'à droite.

Pétitions, initiatives populaires, expositions et débat, la FRC ne fait pas que d'informer sur la consommation, elle agit ! Et parfois même avec une longueur d'avance : après les OGM, doit-on se méfier des nanos (de nanotechnologies, pas ceux de la M***) ? Une exposition fait le tour de la Romandie pour lancer le débat.

La structure de la FRC

Comme toute fédération, et ce ne sont pas les fans de Star Trek qui vont me contredire, la structure de la FRC est un peu compliquée : il y a les sections cantonales, le secrétariat central (SC), mais aussi des commissions internes, et des participations à des groupes de concertations externes. Mis à part le SC, tout fonctionne grâce aux bénévoles qui oeuvrent au sein de cette association à but non lucratif.

Chaque section cantonale a ses projets propres. Dans le Canton de Vaud, la FRC offre un service Conseil Budget pour les personnes qui ne sont pas au social mais qui ont par ex. de la peine à joindre les deux bouts. Gratuitement.

Différences avec Bon à Savoir

FRC versus BàS
FRC versus BàS

J'adore les tests. Et pas seulement les psycho-tests. C'est pourquoi, je suis abonnée à Bon à Savoir (BàS) également. Mais, c'est pas un peuf kif kif bourricot avec la FRC ? Eh ben non. L'un est rouge et l'autre est bleu...

Service juridique, permanence

La FRC, elle, a des bureaux conseils dans chaque canton romand où les membres et non-membres sont accueillis pour étudier et solutionner tous leurs soucis liés à la consommation (mieux vaut venir avec tous vos papiers, reçus, tickets, CGA, contrats : recto ET verso s'il y a).

En dehors des heures d'ouverture des bureaux conseils, la Permanence répond aux questions sous toutes ses formes, mais téléphonique de préférence. OK, ça, BàS le fait aussi pour les premiers conseils, mais la FRC va plus loin : elle étudie et accompagne également les cas compliqués voire désespérés ou urgents de membres ET non-membres (contre paiement pour ces derniers).

Différence de financement

Dans les bémols de la FRC, on pourra noter le coût de l'adhésion (deux fois plus cher que pour BàS). On touche du doigt une différence majeure entre les deux "concurrents" : le magazine de BàS contient de la pub (près de la moitié de ses pages dans certaines éditions) et la FRC pas du tout ! Et ce n'est pas une différence anodine, vu que ce sont certainement des dizaines de milliers de francs en plus qui permettent d'offrir un magazine pas cher, de faire une application iPad.

Cette absence de publicité garantit non seulement une indépendance totale de la FRC, mais je trouve qu'elle confirme surtout sa bataille pour un consomm'acteur informé et non manipulé par la publicité.

Or l'argent étant le nerf de la guerre, il est édifiant de savoir que BàS n'est qu'un magazine parmis d'autres d'une même société anonyme suisse allemande spécialisée dans la consommation : Konsumenteninfo AG, dont sa branche publicitaire ki media n'est pas peu fière du succès de ses deux magazines phares BàS et K-Tipp.

Bien plus qu'un magazine : une Fédération !

Avec mon laïus précédent sur les actions et la structure de la FRC, vous pouvez mieux saisir maintenant ma frustration-résignation pour tous ces gens qui confondent la FRC et BàS. OK, leurs magazines se ressemblent beaucoup. Mais l'une est une fédération âgée de plus de 50 ans avec un mensuel d'information, des combats et des actions. L'autre "juste" un magazine à but lucratif traitant de la consommation et ayant des moyens financiers incomparables. Sauf erreur, excepté la pétition du roaming dernièrement, il ne me semble pas que BàS n'ait entrepris d'autre action "politique" pour les consommateurs.

Marche à suivre

  1. Adhérez à la FRC
  2. Profitez de ses trésors réservés aux membres
  3. Appliquez les 10 règles d'or de la consomm'action
  4. Profitez de sa permanence pour tous vos soucis liés à la consommation
  5. Faites connaître la FRC autour de vous (= persuadez votre frère, concierge ou chauffeur de bus d'adhérer)
  6. Devenez bénévole dans votre section cantonale

Jouets pour bébés et enfants : quelques astuces

A l'approche de Noël, d'un anniversaire, d'une communion ou de n'importe quelle occcasion où un cadeau à votre (petit-)enfant, filleul(e), neveu ou nièce sera apprécié, vous avez l'embarras du choix dans les commerces pour trouver un jouet approprié. Mais Madame21 elle ne veut pas faire simple là où on peut faire compliqué. Avec des conditions comme :

  • fabriqué en Suisse ou en Europe
  • composé de matières "naturelles" (bois massif, carton, métal)
  • à un prix abordable

eh bien je me retrouve souvent avec au plus 1-2 articles pour la tranche d'âge qui m'intéresse... Ca, c'est quand j'ai de la chance ou que je suis persévérante.

Logo de la campagne Cest pas du jeu
Logo de la campagne C'est pas du jeu !

Made in China, Fabriqué en Chine

Il y a les fois où, la mort dans l'âme et me jurant qu'on ne m'y reprendrait plus, j'achète quand même le jouet en plastique fabriqué en Chine, car il est omniprésent, léger, et pas cher comparé à son équivalent en bois... Sur le moment même, je fais l'autruche et maintenant que je me renseigne pour la rédaction de cet article, je me jure qu'on ne m'y reprendra plus...

Pourquoi ? Parce que le cadre de travail dans les industries chinoises est tout sauf rassurant : nombreuses heures supplémentaires, travail des enfants, mauvaises conditions d'hygiène et de sécurité. Une campagne C'est pas du jeu ! pour améliorer la situation a été lancée, des explications simples sur la provenance des jouets sont données, des chiffres effarants sur le travail des enfants en Asie sont estimées, mais plus que des mots, voici une chanson qui vous résumera bien la chose.

Pour le premier anniversaire de Bébé21, nous avions demandé aux invités de ne pas acheter de cadeau, et si vraiment, alors qu'ils évitent les jouets de Chine. Quand j'ai noté ceci sur la carte d'invitation, je ne me doutais pas que cela était une vraie gageure... C'est en découvrant cette carte du monde de l'exportation des jouets, et en voulant moi-même trouver un cadeau pour un petit copain de Bébé21 que je me suis rendue compte de la difficulté de l'exercice ! Malgré ces embûches, je ne me vois pas dire au destinataire de mon jouet Made in China : tiens, amuse-toi bien avec, c'est une petite fille à peine plus âgée que toi qui l'a fabriqué, et elle est peut-être morte d'épuisement au travail à l'heure qu'il est.

Comme le conseille l'article Pour un Noël responsable, la bonne méthode n'est pas de boycotter, mais d'avoir un comportement de consommation qui privilégie les détaillants et fabricants soucieux des conditions de travail de leurs employés, qu'ils soient de Chine ou d'ailleurs.

A Lausanne, le petit magasin Marelle tient cette politique-là, comme me l'a expliqué son propriétaire lors de la dernière assemblée générale vaudoise de l'Economie Sociale et Solidaire.

Train en bois dont les peintures sont testées par PetitFrère21
Train en bois dont les peintures sont testées par PetitFrère21

Acheter oui, mais sans toxicité !

Le Service de la consommation et des affaires vétérinaires de l'Etat de Genève où travaille PetitFrère21 fait de temps en temps des campagnes de tests de toxicité sur divers objets du commerce dont les jouets pour enfants. Nous avons la chance de pouvoir récupérer les cobayes "sains" rescapés de ces analyses. Ces actions inopinées sont très honorables, mais il leur est bien sûr impossible de couvrir toute l'offre du marché qui se renouvelle constamment...

Avant de devenir mère, je n'étais même pas consciente que certains jouets pouvaient être nocifs pour les enfants. En voyant Bébé21 mettre tous ses jouets à la bouche, je me suis bien dit que je serais plus rassurée si la peinture/le plastique/le tissu qu'il tète goulûment n'a pas d'effet nuisible. Avant de faire la connaissance de Susana de la Revue Durable, je ne me doutais même pas qu'il existait des associations qui se préoccupent de la question et testent régulièrement les jouets.

Healthytoys.org

Avant de se procurer un jouet, il est possible de voir s'il contient des substances chimiques indésirables (plomb, arsenic, cadmium, mercure etc. miam!) sur le site américain HealthyStuff.org où des centaines de jouets sont testés chaque année. La plupart des grandes marques y sont, et on peut même faire des propositions de jouets à tester. Pour un peu que d'autres internautes appuient cette proposition, le jouet sera évalué par cette organisation dans les semaines qui suivent.

WECF et les ateliers Nesting

Plus près de chez nous, le site de Nesting vous prodigue conseils et astuces sur la mise en place d'un environnement sain pour votre progéniture :

Acheter non ! Mieux vaut louer !

L'inconvénient avec un jouet que l'enfant possède, c'est qu'il s'en lasse au bout d'un certain temps. Cela peut être 5 mois comme 5 minutes, et si c'est le second cas, vous vous retrouvez avec un objet sur les bras que vous rangez à la cave (en vue du prochain bébé), vendez (pour rentabiliser votre dépense), ou donnez (pour que cela fasse au moins un heureux, et tant pis si c'est pas le vôtre qui en profite).

Nos voisins Français ont la chance d'avoir des entreprises (euh, une seule en fait) sur leur sol proposant la location de jouets : il s'agit de dimdom.fr (merci à ciboulette pour son article à ce sujet). Cerise sur le gâteau, cette jeune boîte s'engage à nous louer des jouets sûrs et sains, et pour un prix encore assez raisonnable je trouve. Dimdom propose même de rendre votre blog neutre en CO2 en plantant 5 arbres pour chaque référencement (c'est Monsieur21 qui me l'a fait remarquer, candide comme je suis, je parle d'eux sans aucune prétention en retour...). Vivement qu'une telle entreprise arrive en Suisse !

Mais que fait la Suisse ?

Nous n'avons pas d'association JouetsSains.ch, pas d'atelier Nesting helvétique, pas de service de location de jouets "sains" romands... Comme quoi, retraité(e)s, mère ou père au foyer, bénévoles et entrepreneurs suisses de tout bord : il y a de quoi faire pour occuper nos journées de grisaille hivernale ! Allez hop, y à qu'à... 🙂

Ce que nous avons chez nous, ce sont les ludothèques, par ex. celles de Lausanne. Il en existe un peu partout en Romandie. Pour 1 à 5.-, on peut louer un jouet pour 3 semaines. Le seul désavantage des ludothèques que je vois, c'est que nous n'avons aucune garantie que le jouet est chimiquement sain. A quand une ludothèque saine et durable ? Allez, yaka...

Comprendre les dangers de la publicité pour mieux la combattre

Couverture de La tentation publicitaire de Jacques Neirynk

Il y a des livres qui vous changent la perception du monde. Un de ces livres est très certainement celui de Jacques Neirynck "La tentation publicitaire". C'est court, c'est clair, c'est édifiant ! Pour 5.90 € ou 11 CHF, ou gratuitement à la bibliothèque, vous découvrez comment l'auteur, dans un style incisif, voire corrosif (il n'y va pas de main morte), vous fait prendre conscience des dangers de la publicité, vous en dévoile les mécanismes. Et vous invite à ne plus en être victime.

Le discours des orgueilleux

Oui, mais moi, je vois une pub, OK, mais c'est pas pour autant que je vais aller acheter ce qu'ils vantent, je sais que c'est pas bon leur truc.  Ah ? Vraiment ?

  • La publicité, ça coûte cher et si les entreprises y investissent autant d'argent, c'est qu'ils obtiennent nécessairement un retour sur investissement et que par conséquent, ça marche.
  • Si c'est pas sur vous, c'est sur votre petit loulou, votre dulcinée, votre minou (ou la corde sensible qui vous y lie) et là, c'est la mort dans l'âme que vous serez victime, mais victime quand même.

Le discours des naïfs (dont je fais partie)

Oui, mais bon, c'est rigolo et sympa ces petits spots, le produit qu'ils promeuvent ne peut pas être mauvais. Ah ? Vraiment ?

  • Jacques Neirynck invite à lire attentivement la liste des ingrédients d'une boisson sucrée gazeuse par ex. vantée par le dernier spot divertissant que vous aurez remarqué. Pas tant compatible avec la pyramide alimentaire, hein ?
  • L'auteur nous rend attentif à la similitude entre publicité et propagande, indiquant que tout régime dictatorial jongle entre oppression et persuasion. La puissance de persuasion de la publicité vient justement de l'association entre sentiment de sympathie (produit par l'humour, le rêve, le bonheur, ou tout autre notion positive mis en scène par une pub) et un produit qui n'a rien à voir avec ce que la réclame vous raconte. La connexion que nous faisons se faisant au niveau de l'émotionnel, il est ensuite difficile d'expliquer rationnellement le choix d'une marque plutôt qu'une autre.

    Comme l'explique très bien ce billet à propos de Dove (une marque de cosmétiques) sur le blog de Gad Lab, le procédé de dénoncer les perversions des messages publicitaires du monde de la cosmétique devient absolument perfide quand c'est justement une entreprise cosmétique qui le fait.

Le discours des fans du shopping

Oui, mais moi, faire du shopping, c'est un petit plaisir.

  • Comme tout petit plaisir (une gourmandise, une sortie dans un restau chic, un voyage aux antipodes), je pense que cela fait partie de la vie des chanceux que nous sommes quand cela survient de manière très sporadique et qu'on le considère et l'apprécie comme tel et non comme un réflexe, ou un remède contre l'ennui.
  • J'ai souvent entendu ceci : aucun produit qu'on peut acheter ne peut nous rendre heureux à long terme. Si ce produit existait, cela se saurait !
  • L'acte d'achat traduit parfois un besoin (d'affection, de reconnaissance, de récompense) non satisfait. Une fois cet ersatz utilisé, ça ne fait pas avancer le schmilblick. Les personnes heureuses (et les très pauvres) n'achètent pas par impulsion. Soyez donc heureux, et vous verrez comme vous aurez moins besoin d'acheter !

Les dangers de la publicité sur les enfants, sur nous

La publicité est réellement dangereuse. J'ai encore de la peine à la voir sous cet angle, mais M. Neirynck m'a dans l'ensemble convaincue.

"D'une certaine façon la propagande ou la publicité fait encore plus de mal parce qu'elle corrompt l'âme de la victime et la rend complice de son oppression. La perversion de ce siècle consiste à s'en prendre non seulement aux corps mais surtout aux esprits. Et quelle proie plus tentante qu'un esprit en formation, souple, malléable, confiant. Celui d'un enfant.

Les dictateurs l'avaient bien compris. Dans l'arsenal des méthodes utilisées il y avait toujours une bonne place pour un mouvement de jeunesse. [...] Le meilleur moment pour former un futur communiste ou nazi, pour obnubiler tout esprit critique, c'était bien évidemment l'enfance et l'adolescence. C'est aussi le meilleur moment pour fabriquer des consommateurs débiles. [...]

La situation évolue partout dans le sens d'une plus grande démocratie. Les biens sont plus abondants, les libertés plus nombreuses, les droits mieux protégés. L'économie est devenue une gigantesque machine à produire et à vendre. La volonté personnelle des dictateurs, ostentatoire et répugnante, cède la place à la puissance anonyme des équipes qui dirigent la machine économique. Le consommateur et le travailleur, ces deux fonctions que chacun remplit tour à tour, sont soumis à cette machine. [...]

Le productivisme est une idéologie par défaut, une certaine façon d'entériner l'absence de projet d'une société repue et satisfaite d'elle-même. Le seul objectif est de produire, et de consommer dans la mesure où cela est indispensable pour absorber la production. Moins les consommateurs en savent, plus ils sont dociles. Moins ils critiquent, plus ils achètent."

La tentation publicitaire, pp. 69-71.

Je vous retranscrirai volontiers tout ce livre si cela n'était pas une violation du droit d'auteur... La publicité laisse des traces indélébiles : tous ces jingles, tous ces slogans qu'on pourrait encore déclamer aujourd'hui alors qu'on les a entendues dans notre prime jeunesse, il y a plus de 20 ans...

"En France, l'intrusion des entreprises dans les écoles reste un sujet tabou et aucune statistique n'est disponible sur ces pratiques. Officiellement, il n'existe pas de publicité à l'école [...]. Mais alors, comment expliquer cette présence pernicieuse des marques commerciales dans certains livres de français ? On demande à des élèves de quatrième de faire correspondre des slogans publicitaires avec les marques qu'ils vantent. Vingt-deux slogans sans aucun esprit critique : «Ca sert à quoi que ... se décarcasse», «... un peu de douceur dans ce monde de brutes», «... c'est fou»...

La fin de l'exercice invite les élèves à rechercher dans les magazines ou des dépliants publicitaires les slogans ou les marques.

Pour Monique Dagnaud, sociologue, la société de consommation se nourrit de la confusion qui s'installe entre le monde des adultes et celui de l'enfance. Elle propose l'interdiction de toute publicité en direction des enfants. «En Suède, la disposition qui consiste à ne pas mettre de pubs autour des programmes pour enfants est à la fois très bien d'un point de vue symbolique, mais elle est quelque peu inopérante dans le sens où les enfants regardent pour 80% de leur temps d'écoute des programmes qui ne leur sont pas destinés. En revanche, il y a une autre disposition suéadoise plus intéressante. Celle qui consiste à dire que les publicités doivent s'adresser aux familles et non pas aux enfants directement, comme le font les publicités dans la plupart des autres pays. En Suède, l'enfant ne doit pas être sollicité comme un individu qui possède le pouvoir économique», constate-t-elle..."

La consommation écologique, de Ezzedine El Mestiri, pp 51-52

La publicité n'est pas altruiste, elle ne veut pas réellement vous rendre heureux, vous simplifier la vie, ou vous faire gagner du temps. La publicité n'a qu'un seul but : que l'argent que vous avez gagné en passant votre temps à travailler (et donc en ne le passant pas à vous reposer, à profiter de votre famille ou de vos amis, à faire du sport, des loisirs ou du bénévolat) passe de votre poche à celui du fabricant.

Mes conseils pour combattre la publicité

La boîte aux lettres de la Famille21
La boîte aux lettres de la Famille21 (cliquez pour agrandir)
  • Passez-vous de télé (ça libère un temps fou que vous pourrez passer devant un autre petit écran à bloguer par ex. héhé).
  • Bloquez les publicités dans votre navigateur.
  • Mettez un auto-collant Pas de publicité sur votre boîte aux lettres (en plus c'est écolo).
  • Analysez attentivement une publicité et cherchez quel est leur moyen pour vous séduire (qualité, message intriguant, sympathie, humour ?), puis assénez-vous : ils me manipulent par ... (ou carrément : ils se fichent de moi avec ...). C'est le conseil que suggère J. Neirynk : arrêter d'être des consommateurs dociles.
  • Ne participez pas aux concours.
  • Si vous avez le malheur d'avoir votre adresse vendue à Nivea, Ovomaltine ou Vert baudet alors que vous n'avez jamais laissé votre adresse chez eux ou que vous n'avez passé qu'une unique commande et vous aimeriez qu'elle reste unique : écrivez-leur et dites que vous ne voulez plus recevoir de publicité.
  • Protégez vos enfants de la publicité : si on ne peut l'éviter dans les rues, dans les transports publics, au supermarché, au début d'une séance de cinéma, au début d'un DVD, dans les magazines et journaux, on peut tout de même limiter cette submersion par ... euh non, en fait, c'est super difficile. J'ai tenté de faire l'exercice sur mon chemin au travail : je ferme les yeux tant que j'aperçois une publicité dans mon champ de vision (exception les panneaux indiquant une entreprise car ses ateliers/bureaux se trouvent effectivement dans le bâtiment que je longe). Résultat : j'aurais dû emprunter un chien pour aveugle car à chaque pas surgissait une nouvelle publicité !
  • Tout un chacun a un pouvoir considérable : celui d'acheter. Et surtout : celui de ne pas acheter.

Si comme nous, vous êtes victime de publicité prosélyte ou paranormale, vous pouvez vous inspirer de ce joli auto-collant Pas de prosélytisme inventé par Monsieur21 pour éloigner La Bonne nouvelle, ou tout sorcier pouvant guérir vos douleurs, vous retrouver un emploi ou faire revenir votre femme qui s'est enfuie avec le voisin.

Pour en savoir plus

La vie des choses – The story of stuff

Une fois n'est pas coutume, voici un article dont le contenu principal n'est pas produit par la Famille21. Il me permet de faire patienter nos peu nombreux mais ô combien fidèles lecteurs jusqu'au prochain billet.

Notre rythme pseudo-hedomadaire de publication a pris quelques libertés ces deux derniers mois, mais la rentrée est là ! Et "rentrée" rime avec "rigueur" (hum, c'est plutôt "retour au labeur" rime avec "rigueur" ?), nous ferons notre maximum pour élaborer des articles de qualité chaque semaine (ou presque). Enfin, quand je dis "nous", je dis "je" car Monsieur21 a quelques soucis avec ses poils ces temps-ci, je crois.

Voici une découverte trouvée au gré de mes périgrinations sur le web. De fil en aiguille, ou plutôt de blog en blog (Terreetmer, Pour la Terre, puis enfin Pour un monde durable), je reste scotchée sur cette vidéo d'Annie Leonard d'une vingtaine de minutes expliquant la vie des biens de consommation (The story of stuff). Parce qu'au départ, j'avais pas 20 minutes à "perdre" sur le net, mais là c'est divertissant, c'est instructif, et si j'avais un aussi bon accent américain (et accessoirement, les connaissances de madame Leonard), c'est sûr que je l'aurais faite aussi cette vidéo. Ouais, sûr.

Je vous conseille de la voir en version originale ci-dessous, la qualité de l'image est bien meilleure que la version sous-titrée en français proposée par Pour un monde durable, mais ça va vite, je dirais même que ça décoiffe. Alors peut-être que vous faites comme moi, et vous vous tappez la version française pour comprendre et la version américaine pour apprécier... mais là, ça vous prend tout de même plus de 40 minutes en tout (misère, et moi qui ne pensais passer "que 5 minutes" sur mon ordi...).