La Fédération Romande des Consommateurs : mon association préférée

En cette année européenne du bénévolat, je me suis récemment dit que, à défaut d'être mon année entrepreneuriale, 2011 sera mon année bénévole.

Moi et mon FRC mag
Moi et mon FRC mag

Avant même que je sache qu'on fêtait le bénévolat, je me suis lancée à corps perdu dans la Fédération Romande des Consommateurs (FRC pour les intimes). Et là, je découvre un monde magique fait de tâches intéressantes, utiles et en adéquation avec mes valeurs. J'ai pu :

  • faire partie des testeurs Fourchette Verte qui quadrillent le Canton pour vérifier la qualité des assiettes servies sous ce label ;
  • organiser un stand d'information ;
  • entrer au comité de la section Vaud ;
  • me former en tant qu'informatrice à la Permanence de la FRC.

La Permanence de la FRC

La Permanence est une organisation extraordinaire peuplée de dames remarquables, nommées les "informatrices", qui vous répondent 5 jours par semaine à toutes vos questions sur la consommation. Ces informatrices chevronnées n'ont pas de diplôme en droit, mais comme elles pratiquent ce bénévolat depuis de longues années, elles en connaissent un bon bout. L''autre bout qui manquerait est apporté par la responsable de la Permanence, juriste de profession.

Si votre question donne du fil à retordre même à la juriste, une armada de spécialistes sont à disposition pour y répondre : faire le tour de la problématique de l'huile de palme, comment récupérer un vêtement délicat taché, sortir un comparatif des poudres à vaisselle pour machine, donner la marche à suivre pour changer de caisse maladie... etc. (Et là, c'est pas un etc-alibi,  j'ai vraiment plein d'autres exemples).

Et tout cela, GRATUITEMENT si vous êtes membre de la FRC ! Ne trouvez-vous pas cela merveilleux et n'avez-vous pas une urgente envie d'adhérer à cette honorable fédération ?

Les Enquêtes de la FRC

Il existe une autre possibilité de bénévolat à la FRC : devenir enquêteur ! PetitFrère21 s'est lancé dans l'aventure et il pourra peut-être nous faire part de ses impressions une fois que les résultats des enquêtes auxquelles il a participé seront rendus publics (d'ici là, tout est confidentiel).

En attendant, il est possible de se faire une idée avec les enquêtes passées : noter les prix des boissons sur les terrasses, celui des billets de cinéma, la provenance des filets de perche servis au restaurant ou encore la qualité des conseils lors d'un achat de chaussures de course dans une boutique de sport.

Les articles sur les enquêtes ne nous disent pas si les enquêteurs se sont régalés avec les chaussures de course ou s'ils ont pu repartir avec leurs filets de perche aux pieds. Dans tous les cas, j'ai récemment appris qu'il est possible de soumettre des thèmes d'enquête à la FRC : mieux que d'être dans les coulisses des enquêtes, vous pouvez en être l'instigateur !

Les Combats de la FRC

La FRC n'est attachée à aucun parti politique. Les thèmes abordés nous concernant tous, il n'est pas étonnant de voir du soutien provenir de tous les partis, même si on constate une concentration plus à gauche qu'à droite.

Pétitions, initiatives populaires, expositions et débat, la FRC ne fait pas que d'informer sur la consommation, elle agit ! Et parfois même avec une longueur d'avance : après les OGM, doit-on se méfier des nanos (de nanotechnologies, pas ceux de la M***) ? Une exposition fait le tour de la Romandie pour lancer le débat.

La structure de la FRC

Comme toute fédération, et ce ne sont pas les fans de Star Trek qui vont me contredire, la structure de la FRC est un peu compliquée : il y a les sections cantonales, le secrétariat central (SC), mais aussi des commissions internes, et des participations à des groupes de concertations externes. Mis à part le SC, tout fonctionne grâce aux bénévoles qui oeuvrent au sein de cette association à but non lucratif.

Chaque section cantonale a ses projets propres. Dans le Canton de Vaud, la FRC offre un service Conseil Budget pour les personnes qui ne sont pas au social mais qui ont par ex. de la peine à joindre les deux bouts. Gratuitement.

Différences avec Bon à Savoir

FRC versus BàS
FRC versus BàS

J'adore les tests. Et pas seulement les psycho-tests. C'est pourquoi, je suis abonnée à Bon à Savoir (BàS) également. Mais, c'est pas un peuf kif kif bourricot avec la FRC ? Eh ben non. L'un est rouge et l'autre est bleu...

Service juridique, permanence

La FRC, elle, a des bureaux conseils dans chaque canton romand où les membres et non-membres sont accueillis pour étudier et solutionner tous leurs soucis liés à la consommation (mieux vaut venir avec tous vos papiers, reçus, tickets, CGA, contrats : recto ET verso s'il y a).

En dehors des heures d'ouverture des bureaux conseils, la Permanence répond aux questions sous toutes ses formes, mais téléphonique de préférence. OK, ça, BàS le fait aussi pour les premiers conseils, mais la FRC va plus loin : elle étudie et accompagne également les cas compliqués voire désespérés ou urgents de membres ET non-membres (contre paiement pour ces derniers).

Différence de financement

Dans les bémols de la FRC, on pourra noter le coût de l'adhésion (deux fois plus cher que pour BàS). On touche du doigt une différence majeure entre les deux "concurrents" : le magazine de BàS contient de la pub (près de la moitié de ses pages dans certaines éditions) et la FRC pas du tout ! Et ce n'est pas une différence anodine, vu que ce sont certainement des dizaines de milliers de francs en plus qui permettent d'offrir un magazine pas cher, de faire une application iPad.

Cette absence de publicité garantit non seulement une indépendance totale de la FRC, mais je trouve qu'elle confirme surtout sa bataille pour un consomm'acteur informé et non manipulé par la publicité.

Or l'argent étant le nerf de la guerre, il est édifiant de savoir que BàS n'est qu'un magazine parmis d'autres d'une même société anonyme suisse allemande spécialisée dans la consommation : Konsumenteninfo AG, dont sa branche publicitaire ki media n'est pas peu fière du succès de ses deux magazines phares BàS et K-Tipp.

Bien plus qu'un magazine : une Fédération !

Avec mon laïus précédent sur les actions et la structure de la FRC, vous pouvez mieux saisir maintenant ma frustration-résignation pour tous ces gens qui confondent la FRC et BàS. OK, leurs magazines se ressemblent beaucoup. Mais l'une est une fédération âgée de plus de 50 ans avec un mensuel d'information, des combats et des actions. L'autre "juste" un magazine à but lucratif traitant de la consommation et ayant des moyens financiers incomparables. Sauf erreur, excepté la pétition du roaming dernièrement, il ne me semble pas que BàS n'ait entrepris d'autre action "politique" pour les consommateurs.

Marche à suivre

  1. Adhérez à la FRC
  2. Profitez de ses trésors réservés aux membres
  3. Appliquez les 10 règles d'or de la consomm'action
  4. Profitez de sa permanence pour tous vos soucis liés à la consommation
  5. Faites connaître la FRC autour de vous (= persuadez votre frère, concierge ou chauffeur de bus d'adhérer)
  6. Devenez bénévole dans votre section cantonale

Du Montessori à la maison

Boîtes à sons montessoriennes faites maison
Boîtes à sons montessoriennes faites maison avec des boîtes à pellicule de photo

Suite à la discussion initiée sur le billet précédent traitant de l'école, je vous livre mes impressions sur la pédagogie Montessori et les différentes approches que nous avons faites. Comme tout bobo-bio qui se respecte, j'ai forcément entendu parler du Dr. Maria Montessori qui n'a rien à voir avec M. Rudolf Steiner et les écoles à son nom sauf que Monsieur21 les confond toujours (mais pour sa défense, il affirme qu'ils se ressemblent beaucoup sur leurs photos respectives en noir et blanc).

Tout d'abord sur les principes, nous sommes à 200% sur la même longueur d'onde que feue Mme Montessori. J'étais tellement enthousiaste à la découverte de sa pédagogie qu'il me tardait de tester certains exercices classiques (transvasement de graines ou de farine) avec Gamin21 alors qu'il n'était pas encore en âge de les faire (oui, j'ai dû beaucoup balayer autour du plateau d'exercice...).

Les livres

J'ai acheté plusieurs livres sur le sujet, recherchant une référence pour des exercices à proposer au quotidien. Comme il en existe beaucoup, vaguement inspiré de... ou pur et dur Montessori, j'ai posé la question sur des forums ou contacté des

Eveiller, épanouir, encourager son enfant
Eveiller, épanouir, encourager son enfant de Tim Seldin

auteurs d'ouvrages sur cette pédagogie. Et voici mes impressions :

  • Le quotidien avec mon enfant de Jeanette Toulemonde : un peu basique pour des bobo-bio, mais il recèle quelques bons conseils et est sympa à lire ; j'ai été surtout étonné de la marche à suivre pour construire une chaise haute "ergonomique", l'auteure ne connaît pas la Tripp Trapp ou ses équivalents visiblement.
  • Eveiller, épanouir, encourager son enfant de Tim Seldin : Gamin21 l'a adoré, et on le lisait plusieurs fois par jour pendant longtemps car il fourmille de photos d'autres enfants occupés à toutes sortes d'activités
  • La pédagogie Montessori illustrée de Murielle Lefebvre : à fuir, si vous avez quelques notions de la pédagogie Montessori (et que vous ne voulez pas payer plus du double du livre de Tim Seldin). Il n'y a aucun exercice pratique décrit. J'ai été terriblement déçue par cet achat. Par contre, l'auteure offre une introduction assez complète avec plein d'idées d'exercices.

Le matériel et les écoles

Par la suite, j'ai découvert le monde du matériel et de l'enseignement Montessori.

Le matériel a l'air dément, mais concrètement, je ne me voyais pas investir autant d'argent et de temps pour enseigner moi-même du Montessori.

Très logiquement, je me renseigne sur l'existence et les tarifs des écoles Montessori dans la région.

Outre la difficulté que connaît tout parent actif pour concilier le travail et le transport des enfants à une école distante, l'obstacle majeur d'une scolarité Montessori, c'est son prix exhorbitant. Des chiffres à 4 zéros qui s'alignent pour un écolage, et j'envisage déjà de vendre un de mes reins pour offrir une année à Gamin21. Et pour traiter équitablement PetitBébé21, il me faudrait vendre ma mère...

Plus sérieusement, et c'est le bémol que relève Monsieur21 : n'y a-t-il que des gosses de riches ou de martyres-sacrifiant-tout qui peuvent aller dans une école Montessori ?

Pour confirmer cette hypothèse, j'ai entendu dire que Philip Morris (où les employés gagnent facilement 10-20% de plus qu'un salarié du même domaine sur le marché) a tenté de mettre en place une garderie Montessori. Comme quoi, des gens qui fabriquent des consommables létaux se soucient également d'une bonne éducation pour leurs enfants.

Donc la question de fond garde son importance : seuls les nantis peuvent-ils s'offrir une école privée (montessori, steiner ou autre) comme seule l'aristocratie avait accès à l'enseignement tout court ? C'est presque un comble pour une pédagogie qui est née par et pour les enfants intellectuellement ou socialement défavorisés.

Attention aux parents qui se lancent dans la recherche d'une école, car il existe des écoles "inspirées de Montessori" et des écoles "réellement Montessori" : il faudrait aller les visiter pour le vérifier...

Quelques petites choses "montessoriennes"

Concrètement, j'ai testé avec succès :

  • mettre le lit par terre dès qu'il sait faire ses premiers pas pour qu'il puisse en sortir tout seul le matin (vers 1.25 an)
  • mettre des crochets à sa hauteur dans la garde-robe pour qu'il puisse ranger sa veste seul au retour d'une balade (vers 1.5 an)
  • accrocher une ceinture à la poignée pour qu'il puisse ouvrir sa porte tout seul (vers 1 an)
  • transvaser des haricots secs, du millet, de la farine (vers 1.5 an)
  • célébrer son anniversaire Montessori (3 ans)
  • se faire son lait chocolaté tout seul (3 ans)
  • se verser de l'eau depuis un pichet à son verre (3 ans)

Bien sûr, je n'ai pas tout exploré, loin de là. Mais avec la fin de l'été et des loisirs à l'extérieur, je vais peut-être réussir à me motiver pour introduire quelques exercices montessoriens pour occuper ma marmaille.

Pour aller plus loin

Internet et la sphère privée

Big Madame21 is watching you
Big Madame21 is watching you

Internet et la sphère priv... BOUAHAHAHAAAA !!! Si vous pensez que je vais vous donner des astuces sur comment protéger votre sphère privée, vous vous trompez grave. Tout au plus, je vais vous donner quelques aspects sur l'utilisation des données que vous mettez à disposition de la planète en espérant que cela vous fera réfléchir la prochaine fois que vous remplirez un formulaire ou que vous rejoignez une communauté en ligne.

Quelques notions

Protection de la sphère privée

Heureusement pour nous les Suisses, notre Constitution Fédérale en donne une définition à la fois succincte et compréhensible (ce qui est remarquable en soi pour un article de loi) :

  1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile, de sa correspondance et des relations qu’elle établit par la poste et les télécommunications.
  2. Toute personne a le droit d’être protégée contre l’emploi abusif des données qui la concernent.

En gros, cela signifie que vous êtes en droit à ce que votre numéro de téléphone portable, votre taille de slip et la nature de vos relations ne soient diffusés, transmis, utilisés, recoupés avec d'autres informations que si vous l'avez consenti.

Internet

On entend parfois qu'Internet est le réseau des réseaux, je ne vais pas m'étaler sur cette appelation d'origine non contrôlée, mais je pense qu'elle est assez illustrative. J'aimerais juste indiquer que pour ma réflexion, je considère qu'Internet n'est pas seulement le Web, mais également les mails - que ce soit votre boîte aux lettres personnelle ou les listes de diffusion auxquelles vous avez participé. D'ailleurs, beaucoup de gens ont maintenant leur messagerie en ligne chez Gmail (Google), Yahoo! Mail (Yahoo!), Hotmail (Microsoft), etc. ou chez leur hébergeur qui met à disposition une interface web au serveur de messagerie.

Les choses qui dérangent

Je sais bien que la plupart du temps, on n'a pas envie de lire les conditions générales d'utilisation, de confidentialité, de sécurité etc. Des textes souvent aussi pompeux que longs, histoire de décourager les plus tenaces souhaitant savoir à quoi vont servir toutes ces précieuses informations que l'on donne lors de l'ouverture d'un compte (mail ou autre) sur Internet. Mais la pugnacité de Madame21 n'a pas de limite, sauf peut-être celle de l'appel de la couette vers 21:15 (eh oh, c'est déjà pas mal, vu qu'il fait super froid et qu'elle est enceinte jusqu'au cou).

Bref, voici quelques extraits et anecdotes liées à cette thématique de la sphère privée, plus tellement tellement privée sur Internet.

Logo GmailGoogle

Gmail (avis de confidentialité de Gmail) : "Google assure la maintenance et le traitement de votre compte Gmail et de son contenu afin de vous fournir le service Gmail et d'améliorer nos prestations. Le service Gmail comprend des annonces pertinentes et des liens connexes, sur la base de l'adresse IP, du contenu des messages et d'autres informations relatives à votre utilisation de Gmail. [...] Nous fournissons uniquement aux annonceurs des informations non personnelles et globales, par exemple le nombre de fois où vous avez cliqué sur l'une de leurs annonces."

J'interprète ceci en gros comme une situation où vous allez passer un week-end en amoureux dans un hôtel "gratuit" qui mettrait un micro dans votre chambre et qui vous dirait qu'il utilise le contenu de vos conversations uniquement de manière globale à des fins publicitaires. La prochaine fois que vous retournez dans cet hôtel, vous trouvez divers échantillons gratuits, bons de réduction et publicités alléchantes sur la table de chevet. Et comme c'est de la publicité très bien ciblée grâce à l'analyse des discussions que vous avez eues dans cette chambre, votre intérêt est forcément titillé et youplaboum, voilà qu'en moins de deux, vous vous dites que c'est super tous ces échantillons, et là je vous dis : publicité = danger !

Google basant son business sur les informations que nous lui fournissons, je reste perplexe sur les gens qui font tout avec Google car il finit par tout savoir de vous : vos correspondants et vos conversations (gmail), votre emploi du temps (google agenda), vos documents (google documents), vos photos (picasa), vos vidéos (YouTube a été acquis par Google), vos centres d'intérêts (de manière plus globale avec son moteur de recherche), etc. Alors oui, certainement que tous ces services si pratiques et bien pensés que Google met à notre disposition coûtent chers à développer, maintenir, héberger etc. Donc on peut légitimement se dire que c'est donnant-donnant et que nous leur fournissons de la matière première (nos informations plus ou moins personnelles) en échange de l'utilisation de leurs produits. Mais SVP, ne vous dites JAMAIS que ces services sont gratuits! Google se fait des cou...xxx en or, et est une entreprise LUCRATIVE bien florissante qui se nourrit de vos données. Oui, je l'assène : Google n'est PAS altruiste. D'ailleurs, si demain un Google Hôtel s'ouvre sur ce même principe (des annonceurs financent le tout, et vous ne payez rien pour votre séjour, mais vous êtes constamment sur écoute), cela m'étonnerait même pas...

Facebook

Je viens de m'inscrire à Facebook plusieurs années après avoir reçu des invitations d'amis ou de connaissances plus ou moins lointaines. Ce que j'ai trouvé très fort, ce sont les rappels automatiques vous listant toutes les personnes vous ayant invité à vous joindre à ce fameux réseau social. J'ai donc levé un sourcil lorsque j'ai pris connaissance de cette interpellation, en me disant :

  1. que Facebook enregistre tout alors que vous n'êtes même pas encore inscrit, il tisse déjà votre réseau social en partant de votre adresse mail ;
  2. que si Facebook est si insistant, c'est qu'il a besoin que je vienne m'inscrire.

Cela me suffit pour me laisser méfiante, d'autant plus que j'ai vu en 2008 l'émission Envoyé Spécial sur France 2 rapporter certaines mésaventures des personnes ayant pas ou mal lu les fameuses conditions d'utilisation et n'ayant pas pu fermer complètement leur compte et effacer toutes les données qui s'y trouvaient.

Reportage Facebook

L'excellent article de l'Hebdo Docteur Face & Mister Book (2009) détaille un aspect tout aussi perturbant : on peut tout savoir de vous, du moins ce que vous laissez traîner sur Internet, et avoir une idée assez précise de ce que vous êtes, où vous habitez, qui sont vos amis etc. Votre sphère privée en gros. Oui, rien que ça. "Ce qui est arrivé fin janvier à Marc L. a frappé les esprits. L’internaute a vu sa vie s’étaler dans un magazine parisien, alors qu’il n’avait pas été contacté par le média. Les centaines d’informations laissées volontairement ou non sur la Toile et trouvées par le journaliste via Google et des réseaux de sociabilité ont plus que suffi à tisser un portrait «violemment impudique» de ce jusque-là anonyme. [...] Quelques jours plus tard, Le Nouvelliste tentait la même expérience avec un internaute valaisan. En deux heures, le portrait était fait. Avec succès.

[...]

La sphère privée, c’est ce qui permet à Pierre d’écrire une lettre à Paul sans craindre qu’elle soit lue par Joseph ou Adolf. Et c’est un trésor inestimable: jusqu’ici, il n’y avait que les sociétés totalitaires pour souhaiter que la vie des individus devienne la plus transparente possible. Sous ses apparences futiles, le narcissisme généralisé nous pose donc la question de savoir dans quel monde politique on veut vivre."

Attention, si ce n'est pas vous qui mettez votre numéro de téléphone en ligne, c'est votre club d'échec/de gym/de tricot, votre giron régional, ou l'organisateur d'un tournoi auquel vous n'avez participé qu'une seule fois et qui ne vous a bien sûr demandé aucune autorisation (je lui en veux encore à celui-là). Alors si vous êtes pointilleux sur la question, faites de temps en temps des recherches sur vos données, juste pour voir si quelqu'un n'aurait pas publié des informations confidentielles sur vous par inadvertance.

Et offline, c'est pas mieux

Bien sûr, nos données ne sont pas tellement mieux protégées dans la vie réelle. Le contrôle des habitants de nos communes vend nos adresses (je n'ai plus la référence, mais il me semble que c'est un magazine de consommateurs romand qui a révélé cela), les entreprises de vente par correspondance également (pour le télémarketing par ex.), Migros et Coop traquent nos achats, bref, c'est sans fin. La grande différence, c'est que sur Internet, comme le dit l'article de l'Hebdo que je cite, il est bien plus facile de recouper toutes les informations vous concernant pour les utiliser.

Alors quoi ? Faut devenir parano et ne s'inscrire nulle part ?

Je ne sais même pas s'il est possible de garder une donnée privée (son adresse, ou son numéro de téléphone) complètement confidentielle si vous ne voyagez pas avec Air Force One. Alors non, je dirais que le plus raisonnable est de faire un peu attention chaque fois que vous devez enregistrer une information personnelle sur un site (et cela peut être perfide comme dans Facebook qui vous demande votre numéro de téléphone si vous ne voulez plus voir ces insupportables captcha à tout bout de champ), et de réfléchir à l'image que vous vous donnez sur le net chaque fois que vous ajoutez une photo, un article de blog, un commentaire ou un mail à une liste de diffusion... En effet, il est relativement facile de se faire une idée grossière de vous, et il paraît que c'est maintenant le premier réflexe d'un employeur lors d'une embauche que de "googler" un candidat.

Comme il est très très difficile d'enlever une information publiée ne fut-ce qu'une seule fois sur Internet, vous êtes maintenant prévenus... Mais de votre identité virtuelle, car c'est de cela qu'il s'agit, je vous en parlerai dans un prochain article !

Pour en savoir plus

Puisque vous arrivez au bout de l'article, je vous refile quand même quelques tuyaux pour vous protéger (vu que vous êtes bien sympa de me lire...).

https://famille21.ch/2009/10/comprendre-les-dangers-de-la-publicite-pour-mieux-la-combattre/

L’estime de soi

Couverture de l'Estime de soiAvec mon emploi du temps un tout petit peu chargé (compagne, maman, salariée, blogueuse, bénévole dans différentes organisations, et future entrepreneure), je me résous à lire de petits livres, et les éditions Jouvence produisent justement des guides pratiques de la bonne taille, je trouve. Le dernier que j'ai emprunté à la bibliothèque a été écrit par Rosette Poletti (une star - en tout cas du côté de ma belle-famille - car je crois qu'elle tient une rubrique "psycho" dans le journal Le Matin) et Barbara Dobbs : l'Estime de soi.

C'est un bon concentré des messages que j'ai déjà pu récolter aux cours de différentes lectures sur la communication non violente, le développement de la confiance en soi, la recherche d'être vrai etc. J'y découvre en plus des conseils sur la façon d'élever un enfant pour qu'il ait une bonne estime de lui-même. Ce livre me conforte également sur la conviction qu'une bonne estime de soi est la base d'une personnalité épanouie, en phase avec son environnement (relationnel, environnemental, professionnel etc.).

Extraits choisis

Plus une personne s'estime elle-même, plus elle peut utiliser sa créativité dans son travail, plus elle instaure des relations interpersonnelles positives, plus elle traite les autres avec respect, et moins elle se sent menacée par eux. [...]

Une personne qui a une bonne estime d'elle-même n'est pas arrogante, elle n'est pas orgueilleuse non plus. Elle n'a pas besoin de se surestimer ou de sous-estimer les autres, elle est profondément consciente de sa propre valeur et de celle de chaque être humain, elle n'a pas besoin de se mettre en avant en écrasant les autres ou en leur portant ombrage.

Une personne qui a une bonne estime d'elle-même ne se surévalue pas non plus. Elle est consciente de ses limites, lucide concernant ses capacités, elle accepte les critiques qui peuvent lui être utiles. [...]

Face aux difficultés de la vie, aux pertes, aux changements, la personne qui a une bonne estime d'elle-même prend la responsabilité de ce qu'elle ressent. Elle ne dit pas : "Il m'a mise en colère !", "Elle a brisé ma vie !", mais plutôt : "Je me suis mis en colère à cause de ce qu'il a fait !", "Je choisis de laisser cette personne briser ma vie !", "J'éprouve de la tristesse quand je pense à lui !".

Situations types

Vous avez un boss ou un collègue qui dit du mal de vous dans votre dos ou qui vous fait des crasses ? Crac : mauvaise estime de lui-même !

Vous avez une tante ou une amie qui n'arrête pas de se plaindre à force de se comparer avec ses pairs qui - pour le même travail - ont un bien meilleur salaire, qui - pour la même ancienneté - ont bien plus d'avantages sociaux comme un temps partiel accordé sans discussion ? Crac : mauvaise estime d'elle-même !

Vous avez une connaissance qui vous demande à une réunion associative en sortant une cigarette de son paquet si la fumée vous dérange et vous répondez "Non non pas de problème" alors que vous êtes enceinte jusqu'aux dents, que vous détestez l'odeur de la cigarette, et que vous avez les yeux rougis par la fumée stagnante du local de réunion ? Crac : mauvaise estime d'elle-même (de la nana enceinte, pas de celle qui a demandé la permission de fumer) !

Note : cet exemple est PUREMENT fictif... toute ressemblance avec des personnes existantes - et en particulier avec Madame21 - est purement fortuite (hum...).

Une chansonnette pour augmenter son estime de soi

Avec un titre pareil, on s'attend à ce que ce petit guide pratique de l'estime de soi nous invite à nous sourire chaque matin dans le miroir, puis à lever les deux pouces en clignant d'un oeil, et finalement à déclamer avec un claquement de langue : t'es le meilleur ! Effectivement, quelques conseils pratiques pourraient être caricaturés par cette scène.

Mais ce qui m'a fait sourire et la raison de cet article, c'est que les auteures ont mis en avant une chanson tout à fait... mémorable et que finalement je pense être très utile, si ce n'est pour augmenter l'estime de soi, du moins pour vous faire sourire voire rire (si vous osez la chantonner à haute voix, quoique même à demi-voix, ça devrait suffire).

Attention / Warning / Achtung : la mélodie reste dans la tête après ! Lisez la suite à vos risques et périls. L'auteure de cet article décline toute responsabilité en cas de trouble obsessionnel compulsif due à une lecture imprudente.

Voici donc le premier couplet d'une chanson de Jai Michael Josefs (1979), tiré de l'Estime de soi (pp 78-79) : à chanter sur l'air de "When the saints go marching in" . Si vous ne vous souvenez plus de cette mélodie, vous pouvez écouter cette interprétation de Louis Armstrong.

Je m'aime moi-même

tel que je suis

Il n'y a rien, rien à changer

je serai toujours le moi parfait

Il n'y a rien, rien à changer

Je suis magnifique

Je suis capable

d'être le meilleur moi possible

et je m'aime moi-même tel que je suis

Je m'aime moi-même tel que je suis

Je veux bien me manger le coude si vous n'avez pas souri...

Comprendre les dangers de la publicité pour mieux la combattre

Couverture de La tentation publicitaire de Jacques Neirynk

Il y a des livres qui vous changent la perception du monde. Un de ces livres est très certainement celui de Jacques Neirynck "La tentation publicitaire". C'est court, c'est clair, c'est édifiant ! Pour 5.90 € ou 11 CHF, ou gratuitement à la bibliothèque, vous découvrez comment l'auteur, dans un style incisif, voire corrosif (il n'y va pas de main morte), vous fait prendre conscience des dangers de la publicité, vous en dévoile les mécanismes. Et vous invite à ne plus en être victime.

Le discours des orgueilleux

Oui, mais moi, je vois une pub, OK, mais c'est pas pour autant que je vais aller acheter ce qu'ils vantent, je sais que c'est pas bon leur truc.  Ah ? Vraiment ?

  • La publicité, ça coûte cher et si les entreprises y investissent autant d'argent, c'est qu'ils obtiennent nécessairement un retour sur investissement et que par conséquent, ça marche.
  • Si c'est pas sur vous, c'est sur votre petit loulou, votre dulcinée, votre minou (ou la corde sensible qui vous y lie) et là, c'est la mort dans l'âme que vous serez victime, mais victime quand même.

Le discours des naïfs (dont je fais partie)

Oui, mais bon, c'est rigolo et sympa ces petits spots, le produit qu'ils promeuvent ne peut pas être mauvais. Ah ? Vraiment ?

  • Jacques Neirynck invite à lire attentivement la liste des ingrédients d'une boisson sucrée gazeuse par ex. vantée par le dernier spot divertissant que vous aurez remarqué. Pas tant compatible avec la pyramide alimentaire, hein ?
  • L'auteur nous rend attentif à la similitude entre publicité et propagande, indiquant que tout régime dictatorial jongle entre oppression et persuasion. La puissance de persuasion de la publicité vient justement de l'association entre sentiment de sympathie (produit par l'humour, le rêve, le bonheur, ou tout autre notion positive mis en scène par une pub) et un produit qui n'a rien à voir avec ce que la réclame vous raconte. La connexion que nous faisons se faisant au niveau de l'émotionnel, il est ensuite difficile d'expliquer rationnellement le choix d'une marque plutôt qu'une autre.

    Comme l'explique très bien ce billet à propos de Dove (une marque de cosmétiques) sur le blog de Gad Lab, le procédé de dénoncer les perversions des messages publicitaires du monde de la cosmétique devient absolument perfide quand c'est justement une entreprise cosmétique qui le fait.

Le discours des fans du shopping

Oui, mais moi, faire du shopping, c'est un petit plaisir.

  • Comme tout petit plaisir (une gourmandise, une sortie dans un restau chic, un voyage aux antipodes), je pense que cela fait partie de la vie des chanceux que nous sommes quand cela survient de manière très sporadique et qu'on le considère et l'apprécie comme tel et non comme un réflexe, ou un remède contre l'ennui.
  • J'ai souvent entendu ceci : aucun produit qu'on peut acheter ne peut nous rendre heureux à long terme. Si ce produit existait, cela se saurait !
  • L'acte d'achat traduit parfois un besoin (d'affection, de reconnaissance, de récompense) non satisfait. Une fois cet ersatz utilisé, ça ne fait pas avancer le schmilblick. Les personnes heureuses (et les très pauvres) n'achètent pas par impulsion. Soyez donc heureux, et vous verrez comme vous aurez moins besoin d'acheter !

Les dangers de la publicité sur les enfants, sur nous

La publicité est réellement dangereuse. J'ai encore de la peine à la voir sous cet angle, mais M. Neirynck m'a dans l'ensemble convaincue.

"D'une certaine façon la propagande ou la publicité fait encore plus de mal parce qu'elle corrompt l'âme de la victime et la rend complice de son oppression. La perversion de ce siècle consiste à s'en prendre non seulement aux corps mais surtout aux esprits. Et quelle proie plus tentante qu'un esprit en formation, souple, malléable, confiant. Celui d'un enfant.

Les dictateurs l'avaient bien compris. Dans l'arsenal des méthodes utilisées il y avait toujours une bonne place pour un mouvement de jeunesse. [...] Le meilleur moment pour former un futur communiste ou nazi, pour obnubiler tout esprit critique, c'était bien évidemment l'enfance et l'adolescence. C'est aussi le meilleur moment pour fabriquer des consommateurs débiles. [...]

La situation évolue partout dans le sens d'une plus grande démocratie. Les biens sont plus abondants, les libertés plus nombreuses, les droits mieux protégés. L'économie est devenue une gigantesque machine à produire et à vendre. La volonté personnelle des dictateurs, ostentatoire et répugnante, cède la place à la puissance anonyme des équipes qui dirigent la machine économique. Le consommateur et le travailleur, ces deux fonctions que chacun remplit tour à tour, sont soumis à cette machine. [...]

Le productivisme est une idéologie par défaut, une certaine façon d'entériner l'absence de projet d'une société repue et satisfaite d'elle-même. Le seul objectif est de produire, et de consommer dans la mesure où cela est indispensable pour absorber la production. Moins les consommateurs en savent, plus ils sont dociles. Moins ils critiquent, plus ils achètent."

La tentation publicitaire, pp. 69-71.

Je vous retranscrirai volontiers tout ce livre si cela n'était pas une violation du droit d'auteur... La publicité laisse des traces indélébiles : tous ces jingles, tous ces slogans qu'on pourrait encore déclamer aujourd'hui alors qu'on les a entendues dans notre prime jeunesse, il y a plus de 20 ans...

"En France, l'intrusion des entreprises dans les écoles reste un sujet tabou et aucune statistique n'est disponible sur ces pratiques. Officiellement, il n'existe pas de publicité à l'école [...]. Mais alors, comment expliquer cette présence pernicieuse des marques commerciales dans certains livres de français ? On demande à des élèves de quatrième de faire correspondre des slogans publicitaires avec les marques qu'ils vantent. Vingt-deux slogans sans aucun esprit critique : «Ca sert à quoi que ... se décarcasse», «... un peu de douceur dans ce monde de brutes», «... c'est fou»...

La fin de l'exercice invite les élèves à rechercher dans les magazines ou des dépliants publicitaires les slogans ou les marques.

Pour Monique Dagnaud, sociologue, la société de consommation se nourrit de la confusion qui s'installe entre le monde des adultes et celui de l'enfance. Elle propose l'interdiction de toute publicité en direction des enfants. «En Suède, la disposition qui consiste à ne pas mettre de pubs autour des programmes pour enfants est à la fois très bien d'un point de vue symbolique, mais elle est quelque peu inopérante dans le sens où les enfants regardent pour 80% de leur temps d'écoute des programmes qui ne leur sont pas destinés. En revanche, il y a une autre disposition suéadoise plus intéressante. Celle qui consiste à dire que les publicités doivent s'adresser aux familles et non pas aux enfants directement, comme le font les publicités dans la plupart des autres pays. En Suède, l'enfant ne doit pas être sollicité comme un individu qui possède le pouvoir économique», constate-t-elle..."

La consommation écologique, de Ezzedine El Mestiri, pp 51-52

La publicité n'est pas altruiste, elle ne veut pas réellement vous rendre heureux, vous simplifier la vie, ou vous faire gagner du temps. La publicité n'a qu'un seul but : que l'argent que vous avez gagné en passant votre temps à travailler (et donc en ne le passant pas à vous reposer, à profiter de votre famille ou de vos amis, à faire du sport, des loisirs ou du bénévolat) passe de votre poche à celui du fabricant.

Mes conseils pour combattre la publicité

La boîte aux lettres de la Famille21
La boîte aux lettres de la Famille21 (cliquez pour agrandir)
  • Passez-vous de télé (ça libère un temps fou que vous pourrez passer devant un autre petit écran à bloguer par ex. héhé).
  • Bloquez les publicités dans votre navigateur.
  • Mettez un auto-collant Pas de publicité sur votre boîte aux lettres (en plus c'est écolo).
  • Analysez attentivement une publicité et cherchez quel est leur moyen pour vous séduire (qualité, message intriguant, sympathie, humour ?), puis assénez-vous : ils me manipulent par ... (ou carrément : ils se fichent de moi avec ...). C'est le conseil que suggère J. Neirynk : arrêter d'être des consommateurs dociles.
  • Ne participez pas aux concours.
  • Si vous avez le malheur d'avoir votre adresse vendue à Nivea, Ovomaltine ou Vert baudet alors que vous n'avez jamais laissé votre adresse chez eux ou que vous n'avez passé qu'une unique commande et vous aimeriez qu'elle reste unique : écrivez-leur et dites que vous ne voulez plus recevoir de publicité.
  • Protégez vos enfants de la publicité : si on ne peut l'éviter dans les rues, dans les transports publics, au supermarché, au début d'une séance de cinéma, au début d'un DVD, dans les magazines et journaux, on peut tout de même limiter cette submersion par ... euh non, en fait, c'est super difficile. J'ai tenté de faire l'exercice sur mon chemin au travail : je ferme les yeux tant que j'aperçois une publicité dans mon champ de vision (exception les panneaux indiquant une entreprise car ses ateliers/bureaux se trouvent effectivement dans le bâtiment que je longe). Résultat : j'aurais dû emprunter un chien pour aveugle car à chaque pas surgissait une nouvelle publicité !
  • Tout un chacun a un pouvoir considérable : celui d'acheter. Et surtout : celui de ne pas acheter.

Si comme nous, vous êtes victime de publicité prosélyte ou paranormale, vous pouvez vous inspirer de ce joli auto-collant Pas de prosélytisme inventé par Monsieur21 pour éloigner La Bonne nouvelle, ou tout sorcier pouvant guérir vos douleurs, vous retrouver un emploi ou faire revenir votre femme qui s'est enfuie avec le voisin.

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