Le littering

Le littering, c'est le fait de jeter ses déchets dans l'espace public, partout sauf dans une poubelle. Même si celle-ci est à moins de 6 pas.

Je n'aurais jamais cru que notre belle Suisse pouvait devenir victime de ce genre d'incivilités. Pire, le phénomène a frappé à notre porte : Monsieur21 en a été témoin juste sous sa fenêtre l'autre jour, lorsqu'un jeune du quartier a fait éclater des ballons de baudruche sans en rammasser les éclats.

Petit interlude introductif, saynète d'une banlieue de l'agglomération lausannoise

Monsieur21 outré : "Hééé, gamin ! T'as pas oublié quelque chose par terre là ?"

Le gamin qui s'en allait déjà : "Hein ? Aaah, euh oui m'sieur, j'r'masse toudsuite m'sieur !"

A peine dépassé le coin du bâtiment, le gosse en question lâche ses déchets par terre.

Monsieur21 par une autre fenêtre un peu plus loin : "Héééééé, GAMIN ! Tu crois que je t'ai pas vu ! Tu reprends ça tout de suite et tu mets ça dans une poubelle !"

Et voilà comment, après une jeunesse rebelle et clope-au-bec, les petits hasards de la vie font que Monsieur21 se retrouve taggé de sale con-servateur.

Les raisons du littering

Affiche de l'IGSU
Affiche de l'IGSU pour lutter contre le littering

A la première place sur le podium des causes du littering, c'est le manque d'éducation à mon avis. La phrase magique est ici : les déchets vont à la poubelle.

C'est magique parce que ça marche même à la maison, où généralement les habitants ne laissent pas traîner des déchets sur le parquet ou le carrelage, sauf si vous avez des amis qui ont le syndrome de Diogène (trouble dont l'un des symptômes est d'accumuler les déchets et la saleté chez soi), ce qui devrait être assez rare (mais pas trop rare quand même pour que cela donne assez de matière à l'émission de télé-réalité C'est du propre sur M6).

A la deuxième place, c'est le raccourci bien arrangeant "les nettoyeurs vont ramasser de toute façon". Pour ceux qui ont encore une conscience, c'est drôlement pratique, cela permet de se refaire un karma limpide le lendemain. Mieux encore : ce déchet sur le sol donne un sens au travail du personnel de nettoyage.

Fichtre, le littering est donc un acte qui flirte avec l'altruisme : concierges, techniciens de surface ! Vous pouvez arrêter de faire les rabat-joies ingrats !

En dernière position, je suppose une déconnexion entre notre environnement extérieur et nous-même, qui nous permet de se détacher et jeter. Les campagnes d'affichages de l'IGSU (communauté d'intérêt pour un monde propre) tente de rétablir cette connexion perdue par des images chocs.

L'accroissement du littering

Mise à part l'ire tout à fait justifiée de Monsieur21, il faut savoir que le phénomène prend assez d'ampleur pour que nos autorités appliquent des mesures plus ou moins ludiques. Et pourquoi cette sensibilisation citoyenne se propage-t-elle aujourd'hui ? Car le littering a un coût certain : dans les communes, sur les ~100.- consacrés au nettoyage par personne par an, 20.- reviennent au nettoyage du littering (Le littering a un coût, p. 44). Au niveau Suisse, le montant estimé avoisine les 150 millions pour les espaces publics et 50 millions pour les réseaux de transports publics.

Les conséquences du littering

Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand je fais la touriste dans un autre pays, et qu'il sent mauvais ou qu'il est sale, ça ne me donne pas envie d'y retourner.

Et pour le pays où on habite, c'est pareil, non ? Sentiment d'insécurité ou détérioration de la qualité de vie... c'est certain, quand je vois des déchets traîner partout dans la rue, ça me démange de jouer la mégère aigrie qui sermonne la populace mal élevée...

Campagne Nourrissez les poubelles à Lausanne
Campagne Nourrissez les poubelles à Lausanne

Quelques actions contre le littering

A Lausanne, des poubelles qui rôtent ont vu le jour avec la campagne Nourrissez les poubelles !

J'ai trouvé l'idée complètement idiote jusqu'au jour où une collègue m'a révélée que ses neveux adoraient ces poubelles qui parlent et ramassaient tous les déchets aux alentours pour les nourrir...

A Gland, une campagne Gland n'est pas une poubelle a inspiré ses citoyens.

A Préverenges, le nettoyage de la Plage est le rendez-vous annuel des habitants engagés.

Et ailleurs en Suisse, l'IGSU encourage les initiatives ponctuelles et les recense en images.

Pour en savoir plus

 

Zéro déchet

Au détour d'un small-talk lors d'un souper, une amie m'a parlé d'une nana américaine qui a réussi à atteindre le zéro déchet pour sa famille (2 parents et 2 enfants). Quoi ?!? Moi qui étais déjà très satisfaite qu'on ne fasse "qu'un" sac de 35 litres par semaine pour notre ménage à 4 alors qu'on vit et travaille à la maison, ma fierté en a pris un sale coup. Et je me suis bien sûr dit que cette nana devait bouffer ses emballages, je ne voyais pas comment c'était possible autrement.

Pour enfoncer le clou, j'entends encore mon amie s'émerveiller "et en plus, elle est jolie, et sa maison est vraiment belle...". Verte de jalousie, et par un pur hasard, j'empoigne son livre Zéro déchet qui se pavane dans les nouveautés de la bibliothèque municipale de Morges, et je lis avec avidité ses bons conseils.

Ne rien jeter

Mon pain rassis et mes sacs plastiques
Mon pain rassis qui sèche et mes sacs plastiques sous un mot doux de Monsieur21

Perso, j'ai une tendance à ne rien jeter, en particulier les petits sacs plastiques car ils peuvent toujours être utiles à quelque chose. Certaines collectionnent les chaussures, ou les sacs à mains ou les petits amis. Moi, c'est les sacs plastiques soi-disant mono-usage.

Je gardais d'ailleurs un sac de 110 litres rempli de ces petites choses dans ma chambre quand j'étais célibataire. Quand nous avons emmenagé ensemble, Monsieur21 m'a défiée par un "c'est ton sac de 110l ou c'est moi, tu dois choisir !" ; j'ai pleuré à chaudes larmes lorsque le camion-poubelle est venu l'emporter (le sac de 110l donc).

En attendant de fonder l'Association des Amoureux de Sacs plastiques Anonymes, je me fais soigner par Monsieur21 qui me pose de petits mots ici et là sur mes (rares) monticules de sacs plastiques.

Je garde aussi tous les restes de pains. Quand nos Gamins21 et les canards du coin crient stop au supplice du gavage de pain rassis ou de pain perdu, je mixe ces bouts bien fin pour en faire de la panure maison (que je commence à accumuler en quantité : j'en donne donc volontiers à ceux que cela intéresse).

Zéro déchet : comment ?

Bon, la règle de base pour le zéro déchet, c'est bien sûr 1. d'avoir déjà tous les conteneurs réutilisables et lavables et 2. de trouver les fournisseurs des produits en vrac. [EDIT 2015 : erratum et mea culpa, les régles de base sont les fameux RRR. Refuser/réduire, réutiliser, recycler, et j'ajouterais réparer (dans les Repair Cafés FRC par ex.). Mais comme j'appliquais déjà ces principes au quotidien (par ex. pour les sacs plastiques), la lecture de Zéro déchet m'a poussé à l'action pour les conteneurs.]

Si 1. est assez aisé à se procurer (bocaux, tupperwares, sacs ou bouteilles en plastique réutilisables) ou se fabriquer (sacs à pain faits maison), 2. est une vraie gageure !

Sacs à pain en tissu
1 sac à miche et 1 sac à petite boulangerie

Sacs à pain

Concrètement, en regard du peu de temps et de matériel que je pensais consacrer aux conteneurs, grâce à une machine à coudre offerte par des Amis21, je me suis fait 2 sacs à pain à partir de chutes de tissu de taies d'oreiller des enfants. Ca prend vraiment que quelques minutes à fabriquer, et JE suis très contente du résultat. Le reste de la Famille21 l'est peut-être un peu moins :

  • Regard incrédule de Monsieur21 : tu vas vraiment aller à la boulangerie avec "ça" ?
  • Question innocente de Gamin21 : eh maman, le pain, il a la même taie d'oreiller que moi ! il est en train de faire dodo dedans ?!

Poudre à lave-vaisselle

Découvert dans le livre Zéro Déchet, j'aime beaucoup la poudre à lave-vaisselle maison qui remplace bien les pastilles achetées dans le commerce et qui sont généralement emballées dans un petit plastique.

Ingrédients (les 2 premiers sont trouvables en pharmacie) :

  • 800g de cristaux de soude : 4 CHF pour "1kg" ==> il s'avère en réalité qu'il n'y a que 500g dans la boîte par évaporation durant le stockage
  • 200g d'acide citrique : 1.65 (chez SunStore) à 2.50 CHF (chez Galenica) les 40g
  • 300g de sel fin de cuisine : 1 CHF le kg
J'ai collé une étiquette avec la recette de base sur la boîte
J'ai collé une étiquette avec la recette de base sur la boîte

Ma recette : 160g de cristaux de soude "séché", 80g d'acide citrique et 120g de sel. Tout mettre dans un récipient hermétique avec un clapet et bien secouer.

Coût : 1.28 CHF + 3.3 CHF + 0.12 CHF = 4.70 CHF pour 360g (15g par vaisselle)

Les avantages : un chouillat plus économique (par ex. pastilles vaisselle eocoplan  à 6 CHF pour 30 pastilles = 0.20 CHF par lavage), moins de déchets, pas de composants cachés

Les inconvénients : un fin film blanc parfois sur les gobelets en plastique, et le scepticisme de Monsieur21 qui ne l'utilise pas par peur d'empoisonnement

Détergent pour laver la vaisselle

J'ai retrouvé la recette de cette poudre à vaisselle sur un blog qui me fait découvrir une recette de liquide vaisselle pour laquelle j'avais tous les ingrédients sous la main.

Chic, je me lance donc dans sa fabrication avec un savon de marseille au parfum de Fleurs des îles, certifié 100% naturel acheté au marché.

Cette fois-ci, je suis la recette presque à la lettre, sauf pour les éléments facultatifs, et le savon de marseille qui n'est pas exempt de parfum.

  • 50 g de savon de Marseille râpé avec la râpe à rösti, c'est vraiment très facile à faire !
  • 1 cuillère à soupe de bicarbonate de soude,
  • 1 cuillère à soupe de vinaigre blanc,
  • 1 cuillère à soupe de cristaux de soude,
  • 1 litre d'eau chaude

Je suis également très satisfaite du résultat et de l'efficacité même si le savon ne mousse pas. J'ai quand même rajouté un peu d'eau lorsque j'ai mixé le tout pour le rendre un peu plus liquide.

Les avantages : pour env. 2-3CHF de matière première, j'obtiens env. 1500 ml de produit fini, et les ingrédients sont moins lourd à transporter lors des courses

Les inconvénients : Monsieur21 déteste le parfum des Fleurs des îles et pince son nez à chaque fois que je fais la vaisselle. Je cherche donc des intéressés à 800ml (voire plus) de détergent liquide maison,  à offrir contre bons soins (faites-moi un mail à madame21@famille21.ch). Ca m'apprendra, la prochaine fois, je prendrai un savon sans parfum.

Moins de déchets et de gaspillage ... en film ou en musique.

D'autres initiatives dans le même sens ont abouti sur un film et un blog aussi, comme le Clean Bin Project,  dans lequel on aperçoit des tableaux artistiques représentant les quantités de gobelets, de cure-dents et autres jetables consommés en quelques heures aux USA. Impressionnant ! J'ai découvert ce film lors du Festival du Film Vert 2013 ; l'édition 2014 de ce festival se terminant ce week-end-ci, je vous invite à en profiter avant qu'il ne soit trop tard.

Un autre film que je vous recommande est Taste the Waste (que j'ai en DVD et que je prête volontiers) ; cela me donne une folle envie de faire du Dumpster diving (déchétarisme en bon français). En attendant que Monsieur21 se fasse à l'idée de cette activité insolite, je vous invite à danser, éplucher ou manger gratuitement à la Disco-soupe de Lausanne, à la place de l'Europe, le 10 avril prochain de 15h à 19h.

Sapin écologique

Sapin en pot de la Feuille Verte
Sapin en pot de la Feuille Verte

Gamin21 m'a demandé un sapin de Noël.

Pendant des années, une plante verte du salon plus ou moins consentante faisait l'affaire : on l'agrémentait de quelques boules argentées (toujours les mêmes depuis plus d'une décennie) et de quelques guirlandes de récupération.

Las. Décembre déjà bien entamé, il a fallu que cette demande innocente tombe du ciel pour que j'amorce mon habituel processus d'achat écolo-localo-bio.

Une publicité dans notre boîte aux lettres (quoi !? savent pas lire l'auto-collant Pas de pub ?!?) pour un éco-sapin (eeeh, tiens tiens, ça tombe à pic, ça m'intéresse...) m'indique qu'il y a peut-être des voies possibles pour un achat responsable. La pub parle d'un sapin vivant en pot qui est récupéré après les fêtes, une espèce de location de sapin pendant quelques semaines.

La location d'un vrai sapin me séduit beaucoup par son aspect pratique:

  1. le sapin est livré, puis remporté depuis chez soi sans qu'on ait à bouger plus que les 10 doigts pour passer commande sur internet ;
  2. il n'y a pas besoin de le stocker pendant 11 mois pour ne l'utiliser que 1 mois voire moins, à l'instar d'un sapin artificiel.

D'un point de vue écolo, il n'y a pas de déchet, et aucun arbre n'est abattu. Pas mal. D'un point de vue prix (autour de 100.-), ça me paraît raisonnable vu la livraison et récupération à domicile par deux charmants paysagistes bien musclés.

Sapin en pot décoré par Gamin21 et son petit frère
Sapin en pot décoré par Gamin21 et son petit frère

Quelques adresses

Les prix des sapins en pot sont assez similaires (compter un peu plus de 100.- pour un 150-200 cm).

  • La Feuille Verte : notre choix, rapide (commande passée mercredi 5, sapin en pot livré le vendredi 7), et tout près de chez nous (livraison sur la Côte vaudoise uniquement en 2012), mais pas de choix sur la taille généreuse (150-200cm).
  • L'ecosapin : après avoir constaté qu'ils ne livraient qu'une semaine après la date de commande, j'ai laissé tomber. Par contre, leur FAQ m'a permis de savoir comment entretenir mon sapin en pot, et ils livrent partout en Suisse des sapins de tailles diverses.
  • Sapins genevois : super local, bio, tailles très diverses, prix abordables et tournées de livraisons... le rêve si on est genevois ! Et le côté associatif de l'affaire est intéressant (mais leur site web est... comment dire... améliorable).

Je mentionne encore CHapin,  sapin coupé suisse livré à domicile. Je note l'adresse par pur altruisme pour mes lecteurs, car je n'aime pas trop l'idée de couper un arbre juste pour le plaisir de la déco et des yeux.

Epilogue

Après avoir prévenu Gamin21 que notre sapin pourrait être assez petit (cela aurait coûté moins cher et il aurait facilement décoré un ecosapin de 1m), après avoir contenu son impatience pendant 2 jours interminables (il est déjà arrivé le sapin ? il arrivera demain ? après une fois ou deux fois dodo ?), après l'avoir averti que non, on ne pourra pas avoir toutes les couleurs de boules que notre commune a mises sur ses sapins publics, il n'est rien de plus magique que d'avoir vu ses yeux briller de plaisir à la découverte d'un sapin tout frais, plus grand que Monsieur21 et qui sent bon les fêtes.

[Edit 30.12.2012 : Quelques jours après la publication de mon article, Monsieur21 me pointe sur l'article de la FRC pour choisir un sapin "vert"]

[Edit 10.12.2014

Epilogue bis : petit échange avec le directeur d'ecosapin

Envoyé: Mardi 7 Janvier 2014

Objet: statistiques

Bonjour l'équipe Ecosapin,

J'ai commandé un ecosapin cette année et j'en ai été très contente. Toutefois, je me pose des questions sur la vie des ecosapins.

Nous l'avons sorti sur le balcon dès le 31 décembre afin qu'il n'ait pas trop chaud trop longtemps, mais même posé sur une estrade, il semble avoir eu chaud. Le pot dans lequel est planté l'ecosapin me semble petit pour contenir l'humidité nécessaire à l'arbre.

J'ai eu une discussion avec un ami paysagiste, et il me dit les choses suivantes :

- avec le choc thermique (2-3 semaines) entre les 0-10 degrés de l'extérieur et les 20+ degrés des appartements, il y a peu de chance que l'ecosapin puisse survivre

- il avait commandé des ecosapins pour la commune où il travaille et vous n'êtes jamais revenu les chercher malgré plusieurs prises de contact

Vous indiquez sur votre site que 80% des ecosapins reprennent leur cycle de vie :

Les ecosapins commençant à vous revenir depuis cette semaine, quand pourrez-vous avoir un bilan ? Ou pourriez-vous me donner les pourcentages des retours 2012 transformés en locations 2013 ?

Ma motivation première pour un ecosapin étant qu'il puisse continuer à vivre et être loué les années suivantes, je me pose la question du pourcentage réel d'ecosapins loués qui reviennent chez vous et qui

peuvent être reloués l'année d'après.

Je vous remercie pour vos informations et vous souhaite déjà beaucoup de succès pour 2014.

 

Envoyé: Mercredi 8 janvier 2014

Bonjour Madame21,

En effet nous replantons environ 80% des sapins. les 20% restant sont valorisé en biogaz.

Sur les 80% replanter tous ne sont pas réutilisé l'année suivante, nous en laissons une partie 2 ans en terre afin qu'ils aient le temps de se remettre et qu'ils soit vraiment beau.

Nous travaillons beaucoup avec un grand "éleveur de sapin" à Fribourg et nous avons des sapins en commun, certain sont vendu après plusieurs années en coupé ou si ils ont un peu souffert du chaud en coupé 2ième choix sous une autre marque que Ecosapin.

C'est pourquoi il nous est difficile de présenter un chiffre exacte au vue des centaines de sapins replanté puis revendu.

[...]

J’espère avoir répondu à vos questions et vous souhaite une excellente année 2014.

Meilleures salutations.

Julien Bugnon

Directeur

Voilà une réponse arrivée rapidement qui a le mérite d'être claire !

]

Joyeux Noël 2012 !

Vacances : échange d’appartement ou de maison

Monsieur21 et moi-même avons démarré ce blog il y a quelques années avec plein d'enthousiasme (un article par semaine minimum : les doigts dans le nez, trop facile), plein d'illusions (notre blog ne mourra jamais. JAMAIS.), et plein de bonnes résolutions (tous ces blogueurs qui racontent leur quotidien tellement ordinaire et leurs vacances tellement banales. Jamais on ne fera ça. JAMAIS.)

La vie nous rend humbles à coups de bâton bien sentis, et je me permets de réanimer ce blog comateux avec un résumé de nos formidables vacances. Si si, vous avez bien lu : je vais vous raconter nos vacances... ou plutôt comment je les ai organisées.

Avant les vacances

Avril 2012 : Monsieur21 ressemblant plus à une courgette molle oubliée au fond du frigo qu'à un fringant jeune entrepreneur dynamique, des vacances en famille loin d'ici nous feraient le plus grand bien. Plusieurs amis me vantent Berlin, ville branchée, familiale et bon marché.

Je saute donc sur mon clavier pour chercher un hébergement et tip-tip-tip (tripadvisor : quoi ?!? 100 EUR la nuit minimum !?), tip-tip-tip, accorhotel ("boof, j'ai pas envie d'entendre les voisins se limer les ongles à travers des parois en carton" ronchonne Monsieur21), tip-tip-STOP ! J'ai soudainement une illumination : cela faisait depuis toujours que je rêvais de faire un échange d'appartement/maison pour les vacances, et voilà l'occasion rêvée !

Je veux échanger mon appartement contre une maison

Notre appartement
Notre appartement (bien rangé, pour une fois)

Mai 2012 : je me suis inscrite sur plusieurs sites d'échanges. Photos de la vue sur le lac depuis notre balcon, rangement drastique de toutes les chambres avant de les immortaliser sous leur plus beau jour, description enjouée et hop, à moi Berlin, Bratwurst et Angela ! Je m'imagine déjà déclamer Ich bin ein Berliner sous la porte de Brandebourg ! (Sauf que moi, je ressemble beaucoup plus à une boule de berlin que Kennedy...). J'envoie une dizaine de demandes d'échanges sur chaque site.

Juin 2012 : Damned ! Tous les Berlinois échangeurs de maison ont déjà prévu leur vacances d'été. L'angoisse de ne pas pouvoir partir me fait perdre la raison, et je recherche des échanges vers des destinations beaucoup plus exotiques comme la Suède, ou la France.

C'est au même moment ou presque que je reçois une demande d'échange d'une famille parisienne avec villa, voiture et jardin. Monsieur21 (très réticent à ce que des inconnus fouillent dans ses caleçons) estime que pour une première expérience d'échange une langue commune serait pratique car en suédois, il ne sait que dire "öl" (=bière). Alors Paris, ça sera pour août, juste après la fête nationale car la Famille21 est très patriotique.

Juillet 2012 : mails, téléphones, photos, documents... je prépare intensivement ce premier échange de maison afin qu'il n'y ait pas d'accroc. Sinon, il sera difficile de convaincre MonsieurSceptique21 de retenter un échange ultérieur. Nous partirons en TGV (Lausanne-Paris en moins de 4 heures), et nous prendrons un taxi avec 2 réhausseurs (pas évident d'en trouver à Paris) jusqu'à notre maison de vacances.

Devant la Tour Eiffel
La Famille21 devant la Tour Eiffel

Nous à Paris

Vendredi 3 août, à l'office de tourisme de Paris Gare de Lyon :

[Moi, avec Monsieur21, Gamin21 et PetitBébé21 sur les talons] Bonjour ! Nous aimerions des idées d'excursions et d'activités.

[La dame de l'office] Bien sûr, alors voici le fascicule des bâteaux-mouches, de Paris-plage et ... vous restez combien de temps ?

[Moi] 2 semaines de vacances !

[La dame, abasourdie, sa collègue à l'arrière lève les yeux et nous observe comme si on était difformes] 2 semaines à Paris en août ?!

[Moi, méfiante, et Monsieur21 qui regarde déjà les horaires pour un TGV retournant à Lausanne] Euh, oui, mais pourquoi pas ?

[La dame] Ah, mais pour rien, c'est original. C'est juste qu'en août, tout le monde quitte Paris.

[Moi, entre les dents] Bah, justement, l'agoraphobe que je suis ne s'en portera que mieux.

Mercredi 16 août, veille du retour en Suisse, sur la terrasse de la villa :

[Moi] Le Jardin des Plantes, la Ménagerie, le musée de paléontologie, la Tour Eiffel, le bateau sur la Seine, les Champs-Elysées, la fête forraine des Tuileries, le jardin d'Acclimatation, ses jeux d'eau, ses manèges et son théâtre guignol, le funpark playmobil, l'aquarium CineAqua, la Cité des enfants, la terrasse panoramique de l'aéroport d'Orly, le théâtre guignol Anatole en plein air, la piscine, et les excursions en vélo dans les parcs de la région... Bon, ben, le bilan de ces vacances est plutôt jouissif, non ?

[Monsieur21, éternel optimiste] Attends de voir notre appartement quand on rentrera, s'ils n'ont pas fait caca dans tous les coins.

[Moi] Oui, oui, je suis sûre que nos hôtes (lui ingénieur, et elle professeur d'université) ont fait des hautes écoles mais n'ont jamais appris à utiliser des toilettes.

Jeudi, 17 août, après un tour des chambres chez nous :

[Moi, triomphante] Haha, tu vois, c'est propre, et y a rien de cassé !

[Gamin21] Papa, mon camion d'anniversaire est tout cassé.

[Monsieur21] Ca doit être le petit garçon qui était là qui l'a cassé, c'est pas grave.

[Gamin21] Ben non, c'est pas grave.

[Moi, qui m'en voulais déjà] Ouf, alors.

Bilan

Gamin21 sur le vélo emprunté
Gamin21 sur un vélo rose emprunté à nos hôtes

Avantages (par rapport à l'hôtel par ex.)

  • Logement gratuit pour toutes les vacances
  • Chambres d'enfants (j'avais choisi exprès une famille avec des enfants à peu près du même âge que les nôtres) avec jouets et lits de taille adaptée
  • Matériel de puériculture (chaise haute, table à langer) à disposition
  • Voiture avec sièges enfant à disposition
  • Jardin privé, terrasse
  • Indications sur les lieux de la région à visiter pour une famille comme nous
  • Explications sur la vie locale (où faire son marché, se baigner, se promener avec les enfants etc.)
  • Un repas prêt à l'arrivée : pas besoin d'aller chercher un resto ou un supermarché après plusieurs heures de voyage.
  • On peut cuisiner, emprunter les vélos, tricycle et casque, explorer la bibliothèque de nos hôtes, découvrir des DVD pour enfants.
  • Chez nous, les plantes ne vont pas mourir de soif malgré la canicule.

Inconvénients

  • Il faut ranger et préparer son appartement pour recevoir des gens  : quand on va à l'hôtel, on peut laisser son chez-soi sens dessus dessous.
  • Il faut préparer la documentation concernant sa maison, et la région (mais c'est réutilisable pour les prochains échanges).
  • J'ai un peu angoissé de ne pas recevoir à temps les clés envoyés par la poste pour entrer dans la maison promise.

Liste de choses à faire avant de partir

Les sites d'échanges fourmillent de conseils avisés que j'ai adaptés en partie à mon propre cas :

  • Nettoyer et ranger en laissant un casier de libre dans les armoires pour les habits de nos hôtes
  • Mettre dans un endroit inaccessible tous les objets de valeur ou très personnels que vous n'aimeriez pas que vos hôtes utilisent (oui, genre vos sex-toys préférés)
  • Préparer un repas pour leur arrivée et vider le frigo de tous les restes
  • Changer les draps des lits
  • Achever la documentation  (où sont nos vélos, le parking, les containers, comment faire avec les déchets et le recyclage, quels lieux faut-il absolument visiter dans la région etc.)
  • Convenir d'un moyen pour remettre la clé à nos hôtes (certains impliquent un voisin serviable)
  • Prévenir les voisins que des gens qui ne nous ressemblent pas du tout habiteront chez nous (pour éviter qu'ils appellent la police)
  • Conclure une assurance dépannage de voiture
  • Penser à demander les numéros de téléphone portable de ses hôtes, ça aide à savoir comment remettre en urgence le courant lors d'une panne générale dans la maison par ex.

Liste de choses à faire avant de rentrer chez soi

  • Nettoyer et remettre en ordre la maison telle qu'on l'a trouvée
  • Racheter les produits qu'on a consommés selon la règle du bon sens (ou rachetez tout si vous voulez avoir bonne conscience)
  • Convenir de la reddition des clés

Liste de sites pour échanger sa maison

Des sites pour échanger sa maison, ce n'est pas ça qui manque sur internet. Gratuit, payant, pour écolo uniquement, ou musulmans uniquement... c'est en cherchant à obtenir un bon de réduction pour la cotisation annuelle de mon site d'échange favori que j'ai découvert le Camago, le comparateur de site d'échange qui bugge.

Intervac

J'ai conclu mon premier échange avec Intervac (140 CHF/an) : un agrément d'échange permet de régler par écrit les points les plus importants avant le départ.

Rendu propre et sympa, une personne intervac de contact en Suisse en cas de problème, l'âge des enfants affiché sur les résultats de recherche, et l'ancienneté de cette agence sont ses principaux atouts à mes yeux. De plus, ils proposent une "garantie" qui permet de ne pas payer la cotisation de l'année prochaine si l'échangeur débutant ne conclut pas d'échange cette année-ci.

Home for Home

Un mois d'essai gratuit sur Home for Home, un calendrier des disponibilités, toutes les photos des maisons en un coup d'oeil, l'affichage des opinions, et seulement 42 EUR par année. Si je ne trouve pas mon bonheur sur Intervac, je m'inscrirai certainement sur ce site également.

Quelques réflexions

  • Pour un échange, il faut partir dans l'état d'esprit du lâcher prise : tout ce que vous laissez à disposition de vos hôtes peut être cassé, consommé, disparu à votre retour.
  • Si vous ne souhaitez pas recevoir quelqu'un chez vous, mais quand même aller chez un particulier plutôt qu'un hôtel, des sites de location entre particuliers existent. Mais certaines mésaventures de caution "perdue" que j'ai pu lire sur internet confirme mon choix dans l'échange de maison où il n'y a pas d'argent en jeu hormis la cotisation au site d'échange.
  • Une centaine de francs dépensé pour en économiser un bon millier, voire plus, pour 2 semaines d'hébergement, je trouve que c'est un bon "retour sur investissement".
  • La plupart des annonces qui m'intéressaient sur les sites d'échanges contenait une photo avec une chaise trip trap pour les enfants (plutôt chère, et de bonne qualité), comme chez nous. J'en conclus que les gens qui font des échanges appartiennent plutôt à la catégorie des "bobos" qu'à celle des "pauvres".
  • Pour le prochain échange, je mettrai de côté également tous les jouets récemment reçus par nos enfants.
  • La plupart des sites gratuits d'échanges ont soit un formulaire de recherche peu pratique, soit un affichage des résultats peu exploitable. Avec de la persévérance et de la patience, je suppose qu'on y trouve également chaussure à son pied.
  • Une dernier note sur Paris : monter sur la Tour Eiffel sur un coup de tête, vaut mieux oublier. Un bon plan semble être d'acheter son billet bien à l'avance (genre plusieurs mois) sur internet, et de faire un pied de nez aux queues de touristes qui serpentent sur des dizaines et des dizaines de mètres autour des pieds.

La Fédération Romande des Consommateurs : mon association préférée

En cette année européenne du bénévolat, je me suis récemment dit que, à défaut d'être mon année entrepreneuriale, 2011 sera mon année bénévole.

Moi et mon FRC mag
Moi et mon FRC mag

Avant même que je sache qu'on fêtait le bénévolat, je me suis lancée à corps perdu dans la Fédération Romande des Consommateurs (FRC pour les intimes). Et là, je découvre un monde magique fait de tâches intéressantes, utiles et en adéquation avec mes valeurs. J'ai pu :

  • faire partie des testeurs Fourchette Verte qui quadrillent le Canton pour vérifier la qualité des assiettes servies sous ce label ;
  • organiser un stand d'information ;
  • entrer au comité de la section Vaud ;
  • me former en tant qu'informatrice à la Permanence de la FRC.

La Permanence de la FRC

La Permanence est une organisation extraordinaire peuplée de dames remarquables, nommées les "informatrices", qui vous répondent 5 jours par semaine à toutes vos questions sur la consommation. Ces informatrices chevronnées n'ont pas de diplôme en droit, mais comme elles pratiquent ce bénévolat depuis de longues années, elles en connaissent un bon bout. L''autre bout qui manquerait est apporté par la responsable de la Permanence, juriste de profession.

Si votre question donne du fil à retordre même à la juriste, une armada de spécialistes sont à disposition pour y répondre : faire le tour de la problématique de l'huile de palme, comment récupérer un vêtement délicat taché, sortir un comparatif des poudres à vaisselle pour machine, donner la marche à suivre pour changer de caisse maladie... etc. (Et là, c'est pas un etc-alibi,  j'ai vraiment plein d'autres exemples).

Et tout cela, GRATUITEMENT si vous êtes membre de la FRC ! Ne trouvez-vous pas cela merveilleux et n'avez-vous pas une urgente envie d'adhérer à cette honorable fédération ?

Les Enquêtes de la FRC

Il existe une autre possibilité de bénévolat à la FRC : devenir enquêteur ! PetitFrère21 s'est lancé dans l'aventure et il pourra peut-être nous faire part de ses impressions une fois que les résultats des enquêtes auxquelles il a participé seront rendus publics (d'ici là, tout est confidentiel).

En attendant, il est possible de se faire une idée avec les enquêtes passées : noter les prix des boissons sur les terrasses, celui des billets de cinéma, la provenance des filets de perche servis au restaurant ou encore la qualité des conseils lors d'un achat de chaussures de course dans une boutique de sport.

Les articles sur les enquêtes ne nous disent pas si les enquêteurs se sont régalés avec les chaussures de course ou s'ils ont pu repartir avec leurs filets de perche aux pieds. Dans tous les cas, j'ai récemment appris qu'il est possible de soumettre des thèmes d'enquête à la FRC : mieux que d'être dans les coulisses des enquêtes, vous pouvez en être l'instigateur !

Les Combats de la FRC

La FRC n'est attachée à aucun parti politique. Les thèmes abordés nous concernant tous, il n'est pas étonnant de voir du soutien provenir de tous les partis, même si on constate une concentration plus à gauche qu'à droite.

Pétitions, initiatives populaires, expositions et débat, la FRC ne fait pas que d'informer sur la consommation, elle agit ! Et parfois même avec une longueur d'avance : après les OGM, doit-on se méfier des nanos (de nanotechnologies, pas ceux de la M***) ? Une exposition fait le tour de la Romandie pour lancer le débat.

La structure de la FRC

Comme toute fédération, et ce ne sont pas les fans de Star Trek qui vont me contredire, la structure de la FRC est un peu compliquée : il y a les sections cantonales, le secrétariat central (SC), mais aussi des commissions internes, et des participations à des groupes de concertations externes. Mis à part le SC, tout fonctionne grâce aux bénévoles qui oeuvrent au sein de cette association à but non lucratif.

Chaque section cantonale a ses projets propres. Dans le Canton de Vaud, la FRC offre un service Conseil Budget pour les personnes qui ne sont pas au social mais qui ont par ex. de la peine à joindre les deux bouts. Gratuitement.

Différences avec Bon à Savoir

FRC versus BàS
FRC versus BàS

J'adore les tests. Et pas seulement les psycho-tests. C'est pourquoi, je suis abonnée à Bon à Savoir (BàS) également. Mais, c'est pas un peuf kif kif bourricot avec la FRC ? Eh ben non. L'un est rouge et l'autre est bleu...

Service juridique, permanence

La FRC, elle, a des bureaux conseils dans chaque canton romand où les membres et non-membres sont accueillis pour étudier et solutionner tous leurs soucis liés à la consommation (mieux vaut venir avec tous vos papiers, reçus, tickets, CGA, contrats : recto ET verso s'il y a).

En dehors des heures d'ouverture des bureaux conseils, la Permanence répond aux questions sous toutes ses formes, mais téléphonique de préférence. OK, ça, BàS le fait aussi pour les premiers conseils, mais la FRC va plus loin : elle étudie et accompagne également les cas compliqués voire désespérés ou urgents de membres ET non-membres (contre paiement pour ces derniers).

Différence de financement

Dans les bémols de la FRC, on pourra noter le coût de l'adhésion (deux fois plus cher que pour BàS). On touche du doigt une différence majeure entre les deux "concurrents" : le magazine de BàS contient de la pub (près de la moitié de ses pages dans certaines éditions) et la FRC pas du tout ! Et ce n'est pas une différence anodine, vu que ce sont certainement des dizaines de milliers de francs en plus qui permettent d'offrir un magazine pas cher, de faire une application iPad.

Cette absence de publicité garantit non seulement une indépendance totale de la FRC, mais je trouve qu'elle confirme surtout sa bataille pour un consomm'acteur informé et non manipulé par la publicité.

Or l'argent étant le nerf de la guerre, il est édifiant de savoir que BàS n'est qu'un magazine parmis d'autres d'une même société anonyme suisse allemande spécialisée dans la consommation : Konsumenteninfo AG, dont sa branche publicitaire ki media n'est pas peu fière du succès de ses deux magazines phares BàS et K-Tipp.

Bien plus qu'un magazine : une Fédération !

Avec mon laïus précédent sur les actions et la structure de la FRC, vous pouvez mieux saisir maintenant ma frustration-résignation pour tous ces gens qui confondent la FRC et BàS. OK, leurs magazines se ressemblent beaucoup. Mais l'une est une fédération âgée de plus de 50 ans avec un mensuel d'information, des combats et des actions. L'autre "juste" un magazine à but lucratif traitant de la consommation et ayant des moyens financiers incomparables. Sauf erreur, excepté la pétition du roaming dernièrement, il ne me semble pas que BàS n'ait entrepris d'autre action "politique" pour les consommateurs.

Marche à suivre

  1. Adhérez à la FRC
  2. Profitez de ses trésors réservés aux membres
  3. Appliquez les 10 règles d'or de la consomm'action
  4. Profitez de sa permanence pour tous vos soucis liés à la consommation
  5. Faites connaître la FRC autour de vous (= persuadez votre frère, concierge ou chauffeur de bus d'adhérer)
  6. Devenez bénévole dans votre section cantonale