Ecole 2010 ou Loi sur l’Enseignement Obligatoire : que choisir ?

Que voter entre Ecole 2010 et LEO ?
Que voter entre Ecole 2010 et LEO ?

Une fois n'est pas coutume, je n'apporterai pas mon avis sur l'épineuse question éponyme, mais je vous la pose, chères lectrices et chers lecteurs vaudois (si, si, je sais qu'il y en a parmi vous) : que votez-vous pour dimanche 4 septembre (petite piqûre de rappel pour ceux qui auraient oublié) et pourquoi ? Et je vous serai infiniment reconnaissante de me donner votre opinion avant dimanche 10h45, car le bureau de vote ferme à 11h et j'ai besoin d'une dizaine de minutes pour m'y rendre 🙂

Mes enfants n'étant pas encore en âge scolaire, je n'ai pas d'expérience vécue en tant que parent voire en tant qu'élève d'Ecole Vaudoise en Mouvement (en Mutation ?), de son petit nom EVM. Apparemment, cette expérience pédagogique EVM sans note pour qualifier le travail des élèves est un "échec". Je relève la problématique des notes, car les deux objets de votation nous proposent un système basé sur les notes, mais tous deux s'emportent et nous soumettent tout un nouveau cadre scolaire.

L'enjeu est de taille vu que par ce vote, nous allons instaurer un nouveau système pédagogique à l'école vaudoise, et ce pour une décennie au moins j'imagine, jusqu'à ce qu'une nouvelle proposition sur une école bien meilleure (si, si, ça serait toujours possible) nous soit soumise (non, ce n'est pas du sarcasme, juste une extrapolation des votes passés et présents).

Pour et contre

Alors passons rapidement en revue les quelques arguments que j'ai pu glâner pour et contre Ecole 2010 et la LEO.

Pour Ecole 2010

  1. Un retour aux notes et aux moyennes générales comme j'ai connu, et forcément le connu, ça rassure.
  2. Ce sont des associations de parents et d'enseignants qui sont à la base de l'initiative.

Contre Ecole 2010

  1. L'UDC soutient cette initiative (retour aux notes, compétitivité, "exclusion" des perturbateurs, ça m'étonne pas trop que Ecole 2010 plaît à la droite-droite).
  2. Les perturbateurs seront regroupés dans des classes spéciales avec un encadrement plus fort. J'ai peur que ces élèves-là soient considérés comme de la racaille à redresser. Je comprends toutefois le besoin d'avoir des élèves sages et attentifs, je me pose seulement la question de savoir si le regroupement de perturbateurs est la bonne solution.

Pour la LEO

  1. A tendance plutôt gaucho-verdo, je suis tentée de suivre les recommandations partisanes (verts, socialistes) qui soutiennent la LEO.
  2. Ne pas stigmatiser les VSO (ex-voie terminale de mon époque, c'est terrible comme ça sonne couloir de la mort) en les regroupant avec la voie générale, ça me plaît bien, mais j'espère que le nombre d'élèves par classe sera très raisonnable.

Contre la LEO

  1. La Société Pédagogique Vaudoise est pour. Si je ne me trompe pas, il me semble que cette même société a vigoureusement soutenu EVM il y a une quinzaine d'années...
  2. J'aime bien Vigousse (on vient de s'abonner à ce petit satirique par ailleurs). Et l'extrait mis en avant par Ecole 2010 pour critiquer le DFJC est parlant.
  3. Il n'y a pas une représentation officielle des enseignants derrière la LEO. Pourtant avec les élèves, ce sont les acteurs principaux sur le terrain ! Etrange, non ?

Evidemment, c'est maigre tout ça, et je n'ai pas mis de pondération sur les différents points relevés.

Je trouve le débat Derder-Lyon rapporté par le 24heures intéressant. Et j'en arrive à la même conclusion : j'ai envie de changement, donc double oui. C'est à la question subsidiaire de la préférence entre Ecole 2010 et LEO qu'il faut encore répondre.

Une autre forme d'école

De toute manière, quelle que soit la forme, c'est aux parents de compléter et de corriger le tir pour faire de nos enfants des citoyens éclairés, conscients et critiques (dixit Monsieur21).

Un autre éclairage sur la question de la forme de l'école actuelle m'a beaucoup interpelée, et je vous laisse le découvrir par vous-même.

Mais plutôt que le Comment, c'est le Quoi de l'école que je remets en cause. A quand des cours sur la communication (non violente, marketing, etc.), ou sur la systémique par ex. ? Le dernier numéro de la Revue Durable apporte une partie de réponse par un dossier sur l'éducation au développement durable. Les choses bougent sur la bonne voie, mais y a encore du boulot !

Madame21

Maman21, entrepreneure associative, citoyenne engagée, optimiste irréductible.

Commentaires

  • DERNIER RAPPEL POUR TOUS CEUX QUI N’AURAIENT PAS ENCORE VOTÉ ET QUI HÉSITENT ENCORE

    Ecole 2010 souhaite un retour aux notes dès la première primaire. La LEO, par souci de compromis, réintroduit les notes dès la 3e primaire.

    
Ecole 2010 souhaite un retour aux moyennes, avec une réussite de l’année scolaire aux conditions suivantes:

    4 de moyenne générale

    4 de moyenne dans les branches de certificat (français, maths, allemand, anglais, option)

    Tandis que l’école actuelle octroie un passage possible au degré supérieur avec 3 points négatifs dans toutes les branches, ce qui permet aux élèves de passer avec 6 branches à 3.25 (3.5), et tout le reste à 3.75 (4), la LEO ne remédie pas à cet état de fait.

    De plus, un retour aux moyennes encouragerait les élèves à briller dans leur domaine d’excellence, plutôt qu’à cultiver la médiocrité, comme c’est souvent le cas aujourd’hui.

    Ecole 2010 souhaite que l’école réintroduise un rythme annuel, plutôt que des cycles de deux ans ou de quatre ans (proposés par la LEO). Un rythme annuel permettrait de définir des objectifs plus clairs et plus précis, et ce d’autant plus que la promotion des élèves au degré supérieur a de toute façon lieu au terme d’une année, et non pas d’un cycle.

    Ecole 2010 propose le maintien des trois voies, avec des changements au niveau de la VSO, qui deviendrait la VSP (voie secondaire préprofessionnelle): un accent mis sur les branches de base (français, maths), ainsi qu’une véritable orientation professionnelle avec diverses options. Loin de vouloir stigmatiser ou pénaliser les élèves les plus faibles, Ecole 2010 souhaite donner à ces élèves le maximum de chances de réussir là où aujourd’hui ils sont à la traîne.

    Ecole 2010 est accusée de vouloir enfermer les élèves dans une voie sans issue: c’est faux, car elle réintroduit la possibilité d’un passage entre les différentes voies, et ce, non pas seulement à la fin de la 7e (comme c’est le cas aujourd’hui à certaines conditions), mais aussi à la fin de la 8e.

    La LEO propose le mélange des élèves de VSG et de VSO, mais nul ne sait de combien d’élèves seront constituées les futures classes ainsi constituées. Les actuelles classes de VSO ont des effectifs plus bas que les actuelles VSG et VSB, ce qui permet au maître qui enseigne la plupart des branches dans sa classe, un suivi plus personnalisé de ses élèves. De plus, les élèves de VSO, aux dires de leurs enseignants, ont besoin d’une présence forte de leur maître de classe.

    L’introduction de niveaux dans les branches principales ferait de ces nouvelles classes des classes composites, sans réelle unité, et le travail de maître de classe ne pourrait plus s’effectuer avec la même efficacité. N’est-ce pas finalement réintroduire ce que l’on vient de rejeter, mais de manière beaucoup plus complexe et difficile à mettre en oeuvre?

    De plus, l’introduction des niveaux en 5e et 6e était un des fers de lance de la réforme précédente EVM. Or, nul n’ignore que pour la plupart, ces niveaux n’ont jamais été mis en place sérieusement, faute de moyens. Les élèves suivent ensemble les cours de maths, de français et d’allemand; parfois des niveaux sont mis en place, à raison d’une heure par semaine, et de manière différente, selon les établissements.

    
La question suivante semble donc légitime: les niveaux promis seront-ils mis en place de manière aussi efficace que lors de la dernière réforme?

    Par ailleurs, les élèves qui finiront l’école obligatoire aux niveaux les plus bas des branches principales, ne seront-ils pas aussi “stigmatisés”, ce à quoi prétend échapper la LEO?

    Finalement, Ecole 2010 souhaite rendre à l’enseignement une orientation pédagogique tournée vers des méthodes dites explicites, avec une liberté pédagogique pour les enseignants - à condition, bien évidemment, que ceux-ci conduisent leurs classes à la maîtrise des objectifs définis en début d’année. N’est-ce pas là, finalement, le but de l’école? Amener les élèves à maîtriser des notions clairement définies, avec des pédagogies qui peuvent varier selon les branches enseignées.

    La LEO introduit la fin de la scolarité obligatoire, non pas à 15 ans, mais à la fin de la 9e année (future 11e année selon Harmos), pour tous, quels que soient l’âge, les motivations des élèves pour l’école, et leur comportement.

    Les gymnases et les patrons se plaignent d’une baisse de niveau généralisée. Ecole 2010 tente modestement, par des propositions concrètes, de remédier à cela, sans pour autant révolutionner le système, ni provoquer des changements auxquels devraient à nouveau s’adapter parents, élèves et enseignants - et dont la mise en place prendrait du temps, avec les aléas que l’on imagine.

    • OUI au contre projet LEO.

      A devoir choisir entre les deux, je suis clairement pour la LEO.

      C'est un compromis qui ne me satisfait qu'à moitié, mais toujours mieux que Ecole2010. Les concessions faites pour arriver à un compromis font qu'il n'y a pas une représentation officielle des enseignants derrière la LEO.

      Ce que je trouve aberrant et absolument contre productif dans le système actuel et dans Ecole2010 est la sélection à 12 ans. C'est quelque chose qu'il faut absolument supprimer. Il doit y avoir peu d'enfants à cet age qui savent ce qu'ils veulent et qui sont mûrs intellectuellement. Nous (Vaud) sommes parmis les rares à sélectionner aussi tôt.

      D'autant plus que la sélection privilégie actuellement les profils "langues" au détriment des profils "technico/mathématiques".

      Je connais un brillant mathématicien (prof. EPFL) qui était un cancre en langues mais, grâce à un système autre que celui Vaudois, a pu étudier les mathématiques à l'EPFZ, où il a accessoirement appris l'allemand bien mieux que ses anciens copains "doués" à 12 ans. Il a ensuite effectué une thèse à Lausanne et appris le français, toujours mieux que ses mêmes copains, pour terminer avec un post-doctorat aux USA, où il a appris l'anglais ...

      Rien de tout cela n'aurait été possible avec le système Vaudois actuel ou avec Ecole 2010.

      Je vous invite donc à voter NON à l'initiative 2010 et OUI au contre projet LEO.

  • Un autre avis d'enseignant... Je reprends ta liste de pour et contre.

    Pour Ecole 2010

    Un retour aux notes et aux moyennes générales comme j'ai connu, et forcément le connu, ça rassure.

    Les notes sont de retour dans les deux cas de figure: en troisième avec la LEO et en première avec l'initiative. Personnellement, je trouve que les notes sont un gros stress pour les enfants et je ne vois pas l'intérêt d'infliger ça aux miens dès la première.

    En ce qui concerne les moyennes générales, je trouve un peu simpliste de représenter un enfant par une moyenne, que veux dire avoir 4 en français? Orthographe moyen, expression orale moyenne et lecture moyenne ou alors expression et lecture excellente et orthographe déplorable. Ou encore tout est bon, mais l'enseignant en question mais un gros accent sur le point faible de l'enfant. Avec la LEO il y aura des moyennes pour chaque branche (ce qui est déjà réducteur) mais je trouve que réduire un enfant a une moyenne c'est passer à coté de beaucoup de choses.

    Ce sont des associations de parents et d'enseignants qui sont à la base de l'initiative.

    En salle des maîtres, il y a de vifs débats entre les différents enseignants et mon impression est que les partisans du "c'était mieux avant" sont plutôt pro-initiative alors que les progressistes sont plutôt pro-LEO. Sans vouloir dénigrer qui que ce soit, je pense qu'il n'y a pas qu'il y ait consensus parmi les enseignants.

    Contre Ecole 2010

    L'UDC soutient cette initiative (retour aux notes, compétitivité, "exclusion" des perturbateurs, ça m'étonne pas trop que Ecole 2010 plaît à la droite-droite).

    Les perturbateurs seront regroupés dans des classes spéciales avec un encadrement plus fort. J'ai peur que ces élèves-là soient considérés comme de la racaille à redresser. Je comprends toutefois le besoin d'avoir des élèves sages et attentifs, je me pose seulement la question de savoir si le regroupement de perturbateurs est la bonne solution.

    Il n'y a pas que les perturbateurs, tous les VSO seraient groupés dans des établissements séparés. On connait l'importance du milieu socio-culturel dans le développement des enfants et je ne suis pas persuadé qu'on va aider les moins scolaires en les séparant des autres. Il a d'ailleurs été montré que les enfants les moins scolaires sont favorisés quand ils sont avec des élèves plus avancés, alors que la réciproque n'est pas vraie. Les élèves doués sont plus autonomes et ne sont pas pénalisés par la présence d'élèves moins doués.

    Pour la LEO

    A tendance plutôt gaucho-verdo, je suis tentée de suivre les recommandations partisanes (verts, socialistes) qui soutiennent la LEO.

    Ne pas stigmatiser les VSO (ex-voie terminale de mon époque, c'est terrible comme ça sonne couloir de la mort) en les regroupant avec la voie générale, ça me plaît bien, mais j'espère que le nombre d'élèves par classe sera très raisonnable.

    J'ajouterai qu'avant que le sujet ne devienne un outil politique pour les prochaines élections le conseil d'état à voté à plus de 100 voix contre moins de 30 pour la LEO, cela souligne, à mon avis le côté sérieux et surtout apolitique (moins les extrêmes) de la LEO.

    Contre la LEO

    La Société Pédagogique Vaudoise est pour. Si je ne me trompe pas, il me semble que cette même société a vigoureusement soutenu EVM il y a une quinzaine d'années...

    Le projet EVM était un super projet à la base, mais qui a du faire énormément de compromis politiques (par exemple, l'idée de base était de supprimer les notes, on sait faire quelque chose ou on ne le sait pas, mais les pressions politiques ont poussé à introduire des niveaux: on sait bien, très bien, pas faire quelque chose, ce qui revenait à ré-introduire les notes sous un autre nom). Les enseignants qui ont cru à EVM ont fait du super boulot, mais c'était probablement un projet trop ambitieux et qu'une majorité de personne n'a pas compris. Tout ça pour dire, que je ferais plus confiance à la société pédagogique vaudoise qu'à l'UDC pour avoir un avis pertinent sur l'école.

    J'aime bien Vigousse (on vient de s'abonner à ce petit satirique par ailleurs). Et l'extrait mis en avant par Ecole 2010 pour critiquer le DFJC est parlant.

    J'aime aussi beaucoup Vigousse et j'ai confiance en leurs publications. Toutefois l'article critique un département et pas la nouvelle loi.

    Il n'y a pas une représentation officielle des enseignants derrière la LEO. Pourtant avec les élèves, ce sont les acteurs principaux sur le terrain ! Etrange, non ?

    Anne-Catherine Lyon est la patronne des enseignants et donc c'est plutôt officiel comme représentation.

    • Juste une petite chose concernant le fait de faire des moyennes.

      J'ai un pieds dans de l'eau a 0 degrés et l'autre dans de l'eau a 60 degrés donc je suis bien car en moyenne je suis a 30 degrés. Cela a t il un sens pour vous?

      De plus, si je suis si doué que va en math et que j'ai 6 pourquoi donc je me casserai le cul en français alors qu'avec 2 cela ferait un bon 4 de moyenne. Et pire encore, si j'ai 2 très fortes matières cela peut être le néant dans toutes les autres.

      Bref, le bon sens que l'on met tant en avant n'est pas suffisant pour enseigner ou avoir un avis sur l'enseignement, c'est comme moi qui suis un passionné de Dr House, donc je pense que pour mon opération du cerveau mes médecins devraient suivre mon avis plutôt que des théories. Et que dire de la prochaine reforme de l'enseignement, pas nécessaire, c'est bien connu qu'en matière d'éducation et d'enseignement rien ne change, ni les enfants, ni la société, ni les pratiques.

  • J'ai rarement vu une initiative aussi inutile, qui ne fait guère que de couler dans le béton la situation actuelle (et donc empêcher toute réforme l'avenir).

    Et quand on sait que l'initiative a été lancée (entre autres) par des fondamentalistes chrétiens du genre créationiste, c'est la cerise sur le gâteau.

  • A propos des moyennes de la part d'un enseignant du secondaire 1 :

    C'est vrai, ce n'est pas la panacée, mais c'est un moyen de valoriser les points forts de l'élève.

    La loi actuelle ne le permet pas puisqu'elle ne considère que les points négatifs.

    Un 6 de maths ne sert à rien, seul le 2 d'allemand à une valeur promotionnelle ou d'échec.

    Quant aux attaques des partisans de la LEO, elles me semblent trahir une certaine angoisse des résultats des urnes et ne sont que rarement constructives. Dommage.

    Pour moi, c'est école 2010, OUI pour valoriser les REUSSITES des enfants.

  • Oulala, je suis bien moins armée que les tenants des posts précédents, mais mon opinion es faite : oui à la LEO, non à l'initiative. C'est toutefois un petit oui, et un gros non. Il n'y a aucune nouvelle pédagogie amenée, rien que des structures qui changent, des moyennes, des notes, des séparations de classe, etc. Comme si ça pouvait permettre à nos enfants de mieux apprendre. D'apprendre, tout court. Personnellement, je suis anti-notes, anti-moyennes, anti-devoirs. Oui, c'est l'anarchie, à vue de nez. Je suis pour les auto-apprentissages, pour des enseignants facilitateurs, pour des rythmes différents selon les enfants, des priorités différentes aussi. Avec ça, où va-t-on ? Certes pas forcément vers un remplissage des postes vacants dans l'économie. Mais je ne veux pas forcément de ça pour mes enfants (scolarisés en primaire) ! Idéalement, je souhaiterais des enfants libre-penseurs, qui vont inventer la société de demain, et non prendre la relève sans se poser de questions autres que : quelle moyenne obtenir pour pouvoir faire telle école qui amène à telle fonction à tel niveau de salaire. Ce qui de toute façon ne rime à rien. Autant il y a des plafonds que les non-diplômés de l'université (par exemple) n'arrivent pas à crever malgré leurs compétences, autant il y a de diplômés qui ne trouvent pas chaussure à leur pied. La connexion est de moins en moins évidente. Les enfants adorent apprendre. Mais ce qui leur semble utile, les intéresse, etc. Et il y a énormément de choses qui les intéressent. Ceci dit, leur donner à voir ce qui existe, en les connectant avec la réalité, c'est 1000x mieux que de les forcer à avaler de nombreuses connaissances qu'ils n'utiliseront jamais. Allez, autant le dire, je suis dépitée par l'école. Et pourtant, j'ai toujours été une élève douée, ai fait l'uni etc. Mais j'aspire à mieux que ça pour mes enfants...

  • Je vous remercie toutes et tous pour ces apports enrichissants et le temps que vous avez consacré à les rédiger. Je remercie aussi déjà les internautes des futurs commentaires qui viendront peut-être encore alimenter ce débat que je souhaite respectueux et constructif.

    J'ai oublié de préciser que j'apprécierais des apports personnels et non un texte "officiel" sorti d'un argumentaire pour l'un ou l'autre des objets de vote.

    @Sébastien, Oripo, Marcus, Frédérique : A propos des notes et des moyennes, je suis d'accord, ce n'est pas idéal. Toutefois, je ne saisis pas bien comment cela fonctionne sans note ? Je ne suis pas convaincue par le "on sait ou on ne sait pas faire quelque chose" car dans la vie réelle, dans tous les métiers du monde, il y a des gens qui le font mal et des gens qui le font bien. Et personnellement, si je peux choisir, j'aimerais toujours avoir à faire avec les bons et non ceux qui savent juste le faire : un bon chirurgien pour opérer mon genoux, un bon opticien pour me faire des lunettes qui durent, un bon concierge qui sait quoi et quand utiliser pour entretenir un immeuble, un bon éboueur qui vide les poubelles, remet tout en place et laisse la place impeccable...

    Bref, la différence entre faire bien les choses et juste savoir les faire m'importe beaucoup.

    @Pascal_S : Que l'initiative soit sortie des créationnistes me semble juste relever de l'anecdote, car c'est finalement l'objet qu'on juge et non ses auteurs. Je n'aimerais pas partir sur le débat du boycott de Bernard Cantat par ex. (rejeter toute sa production musicale car il a été jugé pour meurtre).

    @Oripo : je comprends que le thème de l'école soit problématique car tout le monde veut donner son grain de sel et j'ai l'impression qu'en tant que parent, on se dit qu'on sait ce qu'il faut faire pour éduquer (et par extension) enseigner à nos propres enfants. De plus, tout le monde a été à l'école et donc peut donner de son avis sur son vécu. Mais je trouve sain que la population non enseignante puisse quand même s'exprimer en proposition, car l'école est un des piliers pour une société saine. Couper dans les budgets de l'éducation est un moyen sûr et efficace pour fabriquer de petits moutons consommateurs.

    La prochaine réforme de l'école, je la souhaite pour très vite, mais une réforme sur le fond surtout et non sur la forme ! Dans ma whish-list des matières à enseigner : la rhétorique, les arcanes de la politique (découvrir l'ampleur des commissions, des lobbys etc.), les notions de base du code des obligations et du code civil, l'économie-l'argent-les finances.

    @Frédérique : les enfants adorent apprendre ce qui les intéressent, oui. Les miens adorent également les chips, mais je sais qu'ils doivent également apprendre à manger des légumes et des fruits frais. Je suis d'accord que je n'utilise qu'une partie infime des nombreuses connaissances qu'on nous a fait avaler et je trouve très dommage toutes ces heures gaspillées où je me suis ennuyée à mourir (whish-list+1 : la méditation). Mais je pense qu'il faut repenser l'approche par des méthodes plus ludique (par ex. pour l'allemand, faire de l'immersion très tôt, ou pour l'histoire, partir d'une situation actuelle et remonter le temps pour en comprendre les racines et les enjeux).

    @Sébastien : je ferai une distinction entre Mme Lyon et le corps des enseignants, comme je ferai une distinction entre Peter Brabeck et le syndicat des employés de Nestlé.

    @Ami21 : je suis totalement d'accord avec toi pour la sélection à 12 ans ! J'ai complètement oublié ce point. Est-ce qu'un système avec des branches de base et des branches à option pourrait offrir une spécialisation flexible (par ex. je pourrai autant prendre sciences+économie que sciences+langues) ?

  • Juste pour répondre sur la différence entre faire bien les choses et juste savoir les faire, je suis entièrement d'accord avec toi. Et je me permet de préciser le fonctionnement de ce genre de pédagogie. On pose des objectifs, par exemple est-ce que tu sais attacher tes chaussures. L'élève connait son objectif et il est évalué sur un objectif connu, avec des critères connus (par exemple est-il capable de les attacher correctement 7 fois sur 10). Ensuite la réponse est: oui tu sait le faire et tu passe à l'objectif suivant ou alors non tu ne sais pas le faire et tu continues à t'entraîner. Je trouve cette approche très différente de la note que tu peux compenser avec autre chose. Cela ne doit pas dire que les objectifs doivent être simple ou que l'on va baisser les exigences.

    Ensuite, je pense que l'on doit également réfléchir au rôle de l'école obligatoire (donc jusqu'à 15 ans, donc avec des enfants). Le but est-il de se bourrer le crâne et d'être en compétition pour affronter les meilleurs des meilleurs? Cela n'est pas mon avis. Je pense que c'est plutôt de créer des citoyens ouverts et avec un large éventail de compétences qu'ils auront loisir de développer plus tard. En effet, je pense que c'est le rôle de l'école post-obligatoire de préparer les travailleurs soit des chirurgiens.

    • Merci beaucoup pour ces précisions ! Je comprends bien mieux maintenant et je me rallie à ton avis !

      A bas les notes ! A bas Ecole 2010 ! (ah ouf, c'est la LEO qui a passé...)

  • Je suis d'accord avec Sébastien en ce qui concerne le "on sait/on ne sait pas". Les notes ne sont pas forcément un élément motivant et qui consacrent un savoir réellement intégré. Juste un pointage sur "qui a le mieux mémorisé pour cette échéance du test". Ce qui n'est pas idéal, il faut le dire. Je reprends la distinction entre les "thinkers" et les "producers" de John Holt : les "producers" sont les plus "scolaires", ceux qui comprennent le mieux le système, s'y adaptent (certes, une forme d'intelligence) et comprennent comment y fonctionner pour être promu. J'en profitent pour faire de la pub aux bouquins de John Holt, disparu dans les années 80, chantre du homeschooling aux USA, ancien enseignant. Il a beaucoup écrit sur comment les enfants - comme dans ton petit film - deviennent de moins en moins intelligents à cause de l'éducation scolaire. Mais comment, surtout, ils apprennent...

    Je suis allée à une journée portes ouvertes d'une nouvelle école Montessori à Nyon la semaine passée. Intéressant. La pédagogie m'interpelle, m'a accompagnée en partie dans mon enfance (ma mère était enseignante Montessori mais n'a pas eu le temps de beaucoup enseigner, car pouf, un oeuf, puis deux, puis trois...). Si j'avais le choix, j'hésiterais entre le homeschooling (non, ne tirez pas) et Montessori. Une vraie approche de l'enfant apprenant. Il y a aussi un petit film, assez court, si cela t'intéresse... http://www.youtube.com/watch?v=GcgN0lEh5IA . Ceci dit, les tarifs sont hors de prix, pour nous.

    J'espère que tu te forges gentiment une conviction :o) ? Fais-nous en part, d'accord ?

    Sinon, pour reprendre le rôle des parents, il est primordial, j'en suis persuadée. Mais corriger le tir, ce n'est pas facile. Cela signifie qu'il faut être très présent (en avoir l'énergie, le temps, et un grand amour et un grand respect pour ses enfants - non, cela ne va pas de soi), et ne pas non plus entrer en collision avec un système que l'on est censé soutenir puisqu'on lui confie nos enfants. Si la dichotomie est trop importante, avant de virer schizo, autant trouver une autre solution.

    • Merci pour ces informations Frédérique, je les trouve très très intéressantes.

      Apparemment, je serais une "producer", trop formatée pour savoir encore penser de manière divergente. Avec résignation, je me suis dit que je vais laisser cela aux artistes de ma génération, mais pour mes enfants, il n'est pas trop tard.

      Par rapport au petit film que tu mentionnes, le détail que je relève et qui me fait flipper : la disparition potentielle de la petite étincelle de malice et de vie dans le regard de mes petits. Mais si ma crainte est réelle, peut-être que le risque est beaucoup moindre et que je projette ma propre scolarité (me suis ennuyée ferme) sur celles de ma progéniture. Donc Montessori, j'y ai réfléchi, j'y réfléchis encore. J'ai lu plusieurs livres, appliqués plusieurs principes, testé plusieurs exercices avec Gamin21. Je vais écrire un article à ce sujet prochainement (merci pour ton impulsion !).

      Une école Montessori a ouvert à Vevey, j'ai demandé les tarifs, et effectivement, c'est terriblement cher. L'école à la maison, nous en avons discuté, mais franchement, je préfère déléguer, on fait déjà pas mal de choses et surtout, nous ne pourrons jamais offrir la socialisation et la fréquentation/confrontation avec d'autres modes de pensées.

      Mais si tu penses faire l'école chez toi, je peux t'envoyer 2 élèves tout choux et avides de savoirs dans 1-2 ans ? 😉

  • Oh moi aussi, je me classe malheureusement dans les "producers". A plein régime... Et effectivement, il n'est pas trop tard pour offrir autre chose à nos enfants. C'est toujours difficile de faire la part des choses, parce que chaque enfant est unique et ce qui ne nous a pas vraiment convenu dans notre éducation, par exemple, peut très bien leur convenir. C'est la difficulté de faire autrement que "juste s'opposer" (voir le "jamais comme ma mère").

    J'attends ton article avec impatience.

    Montessori est bien installé à Vevey, ils ont de vastes locaux très bien centrés. Mais peut-être parles-tu d'une nouvelle école, aussi ? A Nyon, il faut compter sur environ CHF 1700.-/mois par enfant, sans compter les ateliers après l'école. Et les trajets qu'il faudrait effectuer pour les amener/rechercher. Ca implique d'habituer ou de travailler sur place.

    Quant au homeschooling, s'il est pensé comme autre chose que la scolarité à la maison, je ne crois sincèrement pas que l'enfant serait en manque de socialisation. Personnellement, je verrais ça comme une occasion unique de se confronter avec d'autres personnes, surtout adultes, et pas exclusivement des enfants du même âge. Les mômes sont parfois paumés en entrant en apprentissage... Maintenant, c'est vrai que ça implique une grande ouverture sur l'extérieur, faire participer les enfants à de nombreuses tâches du quotidien, tenir un budget, faire les courses, etc. Et on peut demander à des (ex-)collègues, amis, parents, de les prendre avec eux, leur montrer ce qu'ils font. Le top du top serait de se regrouper avec d'autres parents homeschoolers (deschooler, plutôt), afin de partager des compétences, voir d'autres enfants, etc.

    Euh, je suis sûre que tes enfants sont choux comme tout :o), mais si je me lançais (par sûre, hein, mes enfants sont en 4p, ils sont déjà contaminés), je ne monterais pas une structure du genre petite école. Par ailleurs, après m'avoir rencontrée, tu changerais d'avis ;o). Tu sembles avoir pourtant toutes les qualités requises pour transmettre au mieux. Mais je suis d'accord, parfois, il faut choisir des tâches à déléguer...

    Passe un beau week-end

  • L'école à Vevey est bien celle qui est au centre, mais comme il n'y avait pas les tarifs en ligne, je les ai demandés. Et quand je les ai vus, j'ai versé une grosse larme et j'ai rangé l'enveloppe pour la ressortir un jour, quand Monsieur21 aura fait fortune, ou qu'on aura gagné au loto même si on n'y joue pas...

    Quant à l'article, te réjouis pas trop, car vu mon peu d'expérience, je vais partager ce petit peu là seulement.

    Week-end estival en perspective : vive les pâtés de sable au bord du lac !

  • Oui, je comprends... Moi aussi j'ai soupiré et je gratte frénétiquement les rento depuis :o). Ceci dit, il faut tomber dans une bonne école Montessori, avec des enseignants motivés, convaincus, qui "portent", ouvrent les perspectives. Pas donné à tous. Ca m'embêterait bien de payer près de 40'000.-/an (pour 2 enfants) et me rendre compte que c'était juste moyen...

    Suis en train de lire "weapons of mass instruction" de John Taylor Gatto, si jamais ça t'intéresse... Un aspect plus politico-historique de la scolarité obligatoire. Brrrr...

    Vive les longs week-ends ! Même s'ils annoncent des chutes de température et des averses, 3 jours, c'est le top ! Alors : profitez bien, famille21 !

    • Quoi ?! Si on paie une fortune, nous n'avons même pas la garantie que l'enseignement est de bonne qualité ?
      Ca a l'air hyper intéressant le livre que tu lis (rien que le titre me donne envie). Ceci dit, je pense que nous sommes certainement trop sévère avec l'école obligatoire : après tout Monsieur21, moi, la plupart de nos amis sont des purs produits de cette école-là...

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