Les emballages plastiques pour l’alimentaire

Dans mon futur restaurant durable, je pensais proposer aux clients des emballages :

  1. jetables mais en matériau "écolo" (biodégradable par ex.) ;
  2. réutilisables en consigne (des tupperwares par ex.) ;
  3. apportés par le client ou la cliente (pots, boîtes et tout autre contenant qu'on pourra remplir avec de bons petits plats).

Au niveau écologique, tout comme pour les sacs à commission, j'ai l'intuition que ce sont les 2 dernières options (voire la toute dernière car on utiliserait l'existant et non du neuf) qui ont le meilleur écobilan, mais, à ma connaissance, il n'existe pas d'étude qui pourrait venir m'appuyer.

Madame21 en conseillère tupperware

Logo tupperware
Logo tupperware

Pour réaliser la deuxième option, je me suis lancée dans le périple de devenir "conseillère" tupperware. Je suis d'avis que les produits de cette marque sont de meilleure qualité que leurs plagiats en magasins ; pour une utilisation "industrielle" comme je l'envisage, il me semble donc plus rentable d'investir dans du matériel qui peut durer longtemps, mais ceci est une musique d'avenir...

Pour entrer dans la famille tupperware, il m'a fallu faire 3 réunions et un chiffre d'affaires minimal de 1800 CHF. Bien sûr, j'ai tourné de l'oeil en entendant ce chiffre, et je me suis dit que dans mon cercle de connaissances à tendance si ce n'est décroissante, c'est du moins pragmatique, les gens n'avaient pas tellement besoin de boîtes en plastique même si elles sont dans toutes les couleurs et toutes les formes...

C'était donc un réel défi (que j'ai relevé grâce à un élan de solidarité et d'amitié réelles et non en plastoc) car je n'ai vraiment pas la fibre commerciale et j'ai peu de connaissances sur l'assortiment de cette marque malgré mon utilisation quotidienne de leurs produits. J'étais donc dans mes petits souliers lors d'une de mes ventes, quand une Amie21 me pose la question : est-ce que ces boîtes relarguent des phtalates dans les aliments ?

Moi : des ... patates (ouh, je vais essayer de faire bonne figure dans mon ignorance), euh, bien sûr qu'on peut y mettre des patates...

Amie21 : Non, des phtalates ! c'est dangereux pour la santé !

Moi : Euh (sueurs froides), ben, je sais pas, je vais demander...

Les phtalates

J'ai donc posé la question à Frère21 (chimiste de son état) qui m'a en gros répondu : les phtalates, y en a partout, ils servent à ramollir l'effet dur des polymères.

Sur quoi, je lui ai retorqué en fronçant des sourcils : eh, oh, tu me causes meilleur, toi ! (car vous l'aurez deviné, je suis pas chimiste de formation et que dans mes moments d'émotions, je ne parle pas bien la france).

Logo "OK pour contact alimentaire"
Logo "OK pour contact alimentaire"

Il a complété en disant que le sigle du verre et de la fourchette qui se trouve sur tous mes tupperwares signifie que je peux les mettre en contact avec les denrées alimentaires. Mais pour ce qui est de la migration des phtalates dans nos aliments, il faudrait faire des tests plus poussés en laboratoire en simulant des conditions d'utilisation courante.

Les effets nocifs des phtalates sont encore controversés (comme pour tout produit pratique et lucratif, les impacts négatifs tardent toujours à être prouvés, et peinent encore plus à être reconnus et combattus), mais quand notre Office Fédérale de la Santé Publique nous met en garde contre la stérilité et les différents malformations que votre progéniture peut encourir par l'absorption de ces produits chimiques, y a de quoi se méfier sérieusement.

Les emballages alimentaires, ça nuit à notre santé

Frère21 m'indique à ce sujet un reportage d'ARTE hyper intéressant (mais pas toujours disponible, si c'est le cas, revenez plus tard...) sur le danger des emballages plastiques sur notre santé :

Le plastique, c'est fantastique

Il ne faut pas abuser des bonnes choses, et c'est apparemment le cas du plastique des emballages alimentaires. Chez la Famille21, on essaie de faire au mieux en :

  • faisant nos courses chez les professionnels du métier (en achetant le fromage chez le fromager, la viande chez le boucher, les légumes directement chez le paysan etc.) ;
  • en allant au marché ;

  • en réservant un minimum d'aliments à se procurer au supermarché (dans certains grands supermarchés, vous pouvez trouver un stand de boucherie, poissonnerie, ou fromagerie pour la vente à la coupe) ;
  • en cuisinant à partir de matières premières achetés selon les points précédents et en fuyant au maximum les plats préparés (mais faut pas nous prendre pour des saints non plus, avec PetitBébé21 qui a 1 mois et Gamin21 qui a 2 ans, c'est drôlement pratique d'avoir de temps en temps des menus qu'il suffit de réchauffer) ;
  • en évitant les produits en plastique pour les enfants (vu qu'ils mettent tout à la bouche un jour ou l'autre).
Emballages de mon frigo
Quelques emballages de mon frigo : PS=Polystyrène, PP=Polypropylène, et PET (comme les bouteilles PET)

Nous avons la chance de vivre en périphérie et d'avoir à proximité de chez nous un lieu de vente directe du producteur (fruits et légumes bio ou bio-mais-pas-certifiés). Pour les citadins purs et durs, il existe de plus en plus de possibilités d'abonnement aux paniers de légumes produits par des agriculteurs de la région : ça s'appelle l'agriculture contractuelle, et de plus en plus de projets existent en Romandie.

Se fournir directement chez un artisan, c'est court-cicuiter la chaîne de distribution standard : nous avons la satisfaction soit de payer moins cher, soit de payer autant mais la marge va directement dans la poche du professionnel qui vous sert.

Si on ne peut éviter d'avoir des emballages en plastique, il faut privilégier le PP (polypropylène) muni du sigle de recyclage no 5 qui a l'air d'être le moins nocif de tous, voire le PS (polystyrène). Dans tous les cas, il vaut mieux éviter de chauffer votre nourriture dans les emballages provenant du commerce. Vous pouvez jeter un oeil à la liste des 7 catégories de plastiques sur Ekopedia pour avoir les détails.

Pour en savoir plus

Madame21

Maman21, entrepreneure associative, citoyenne engagée, optimiste irréductible.

Commentaires

  • Salut,

    Je serais curieux d'entre ton retour d'expérience sur ton projet de tupperware retournable.

    Car quand je regarde ma cantine à midi, je me dis (me dis-midi, mouahahah) qu'il y a encore du boulot. Une bonne partie (dont je fais partie) va s'acheter des repas préparés (à l'épicerie, magazin bio, indien). Et tout ça dans des emballages qui finissent bien entendu à la poubelle.

    Mais, j'ai demandé à l'épicierie bio si elle pouvait pas mettre mon plat dans un tupperware recyclable? J'étais prêt à lui donner CHF 20 de dépot. Que nenni, les gars du contrôle d'hygiène alimentaire n'aimerait pas. Ca va pas être facile de la convaincre de mettre quelque chose de ce type en place.

    Mais j'aimerais bien mettre en place un système de TupperVert pour mon organisation. Si t'as des idées...

    Ciao

    Yann

    • Je n'ai pas très bien compris ce qu'était un tupperware "recyclable" ? Si c'est l'une des deux propositions d'emballages que j'expose en début d'article, il ne devrait pas y avoir de souci avec les inspecteurs de l'hygiène car le restaurateur est responsable de la qualité de ce qu'il sert jusqu'au moment de la réception par le consommateur.

      Dans le cas des tupperwares en consigne, ceux-ci doivent être aussi propres que l'assiette sur laquelle on servirait le plat si le client décide de manger sur place et non d'emporter son achat. Quand le client retourne le tupperware, dans mon cas, je le relaverai bien avant de m'en resservir pour un autre client, tout comme je le ferai avec une assiette finalement : cela m'évitera de compter sur la propreté des tupperwares rendus.

      Dans le cas des tupperwares que les clients prendraient de chez eux, je ne serai responsable que de la nourriture et que jusqu'au moment où je la dépose dans leur tupperware. Donc si celui-ci est sale, je ne pourrai pas être tenue pour responsable d'un problème d'hygiène.

      J'ai fait vérifier mon concept par Frère21 qui côtoie des experts dans le domaine de la législation sur l'hygiène des denrées alimentaires et il m'a confirmé que c'était OK.

      D'un côté, je pense qu'il n'y aura qu'une part marginale de la clientèle qui adhéra à cette manière de consommer les plats à l'emporter. D'un autre côté, je garde espoir que cela puisse encourager un nouveau comportement ; tout comme pour les sacs à commission réutilisables, les gens commencent à prendre le pli et à acheter des cabas plus solides, et surtout à les prendre de chez eux quand ils comptent aller faire les courses.
      Comme on ne peut pas toujours prévoir où on va manger à midi, les 2 premières options que je propose permettra aux distraits (par ex. ceux qui oublient toujours leurs sacs à commi) ou aux spontanés de venir dans mon restau durable et d'être consommacteurs malgré tout.

  • Rien à voir avec le plastique. Mais un petit coucou d'un TGV pour Oostend. C'est beau la technologie. Mais pas si "durable" que cela!

    • Si tu lis mon blog avec ton iSchnuck, sache qu'il y a un endroit où tu pourras l'y envoyer une fois qu'il aura rendu l'âme, c'est PodSpital à Genève. Zut, pour l'instant, ils ne récupèrent que les iPod pour les dons d'organes, mais certainement que dans quelques mois/années, cela pourra concerner les iPhone/iPad...

      PS: merci pour le coucou ! Ca fait toujours plaisir de savoir qu'on a des lecteurs qui se trouvent partout sur la planète 🙂

  • Vu le prix d'un tupperware, t'as pas peur que les gens se barrent avec? En effet, même avec une consigne, il y a des chance pour qu'il ne le ramène pas. (où alors, je raisonne en française pas disciplinée, même si dans mon cas, je le ramènerais).

    Par exemple, un tupperware vaut admettons 15 euros et tu mets ta consigne à 2 euros...

    2 euros, c'est pas cher le tupperware....

    • Non, je n'ai pas peur que les gens gardent le tupperware car la consigne serait du montant du prix officiel du tupperware, donc entre 10 et 40 EUR selon le tupperware choisi. Ca fait beaucoup à sortir pour un repas qui coûtera certainement moins de 10 EUR, mais les clients n'auront qu'à 1. prendre soin de ce tupperware et me le rendre, 2. prendre soin de ce tupperware et le garder pour le réutiliser chez eux, ou 3. prendre leur propre tupperware.

  • Hello

    Scusez, ranavoir avec le post sur les emballages, juste une idée en passant: quelle sera la stratégie marketing de ton restaurant dans le monde numérique?

    E.G. twitter les menus quotidiennement? prendre en compte les commentaires des clients (in?)satisfaits dans un groupe FB (cf http://www.absolunet.com/blogue/2010/08/17/quel-genre-dentreprise-etes-vous-sur-facebook/)?

    tenir à jour un flux rss (mis à jour en début de semaine) des menus de la semaine?

    Quelle est l'état de votre réflexion à ce sujet pour le futur restaurant durable?

    Bien à vous

    • Alors dans mes rêves les plus fous, j'aurais aimé partager des recettes en ligne, inciter les gens à partager leurs recettes maison préférées avec comme récompense - si le plat est choisi pour être réalisé au resto - un carnet de bon (genre n repas offerts pour vous remercier d'avoir donné votre recette), inviter les futurs clients à nous faire part de leurs critiques constructives (et idem, si on implémente l'idée suggérée, ils auront droit à n repas offerts), voter pour leur plat préféré, etc. Tout ceci dans l'idée d'une amélioration constante du resto dans tous ses aspects (les mets, l'accueil, l'ambiance, la déco, les prix...). Bref, ça s'inspire grandement de l'esprit des logiciels libres, toutefois, je ne suis pas sûre de pouvoir consacrer beaucoup de temps à modérer, animer ou répondre à tout le monde (c'est la moindre des politesses) sur internet.

      Je pense donc redescendre un peu sur terre avec l'idée d'une communication virtuelle assez peu interactive (comme la publication des menus de la semaine, la possibilité de passer commande en ligne à l'avance pour avoir une petite ristourne), mais pourquoi pas twitter les plats du jour effectivement. Monsieur21 me dit d'ailleurs que c'est une excellente idée.

      Pour ce qui est d'envoyer les flux rss, ce n'est qu'une questions technique à résoudre lors de la conception du futur site pour que l'introduction du menu de la semaine soit également envoyé par rss. Donc voui, c'était plus ou moins prévu.

      En ce qui concerne FB, ça rejoint mon idée initiale, et je crains que cela soit terriblement chronophage. J'imagine m'y atteler dans une seconde phase, quand le resto sera stable financièrement, et surtout quand j'aurai une meilleure idée du temps qui me reste entre mon entreprise, ma famille, et ma vie sociale IRL.

      Et sinon, j'ai surtout envie d'avoir une bonne publicité par un spot humoristique commandé aujourd'hui même à Monsieur21, ainsi qu'une vidéo de marketing viral avec possibilité pour l'internaute d'envoyer son nom et sa photo afin de voir ceux-ci être incrustés dans le court métrage prévu. Mais il m'a dit de me calmer car non seulement il faudrait qu'il apprenne à faire du traitement vidéo, mais qu'en plus, il me faudrait un serveur super puissant derrière. Je lui ai retorqué que le traitement pour l'internaute pouvait être asynchrone, et ça résout en partie le problème de la puissance. Pour le problème restant, ben, j'espère que non seulement il existe un logiciel libre qui fait ça, mais qu'en plus, il soit super facile à utiliser... 🙂

  • Bonjour,

    je me dis que l'article ci-après peut éventuellement vous intéresser :

    http://www.consommerdurable.com/2010/01/contenant-en-plastique-alimentaire-recipients-boites-hermetiques-barquettes%E2%80%A6-sont-ils-toxiques-ou-nocifs-pour-la-sante-comment-les-utiliser-pour-limiter-le-transfert-de-contaminants-dan/

    Je n'aime pas trop mettre un lien dans les commentaires, vous pouvez donc le supprimer si vous le souhaitez. 😉

    Pour les emballages consignés, il existe aussi des contenants type Tupperware en verre voire des lunchbox en inox. Je trouve ces solutions très durables et très saines.

    La solution des "Tupperware" en verre serait-elle envisageable pour votre restaurant ?

    • Merci Cyrille pour ce lien très intéressant et pédagogique !

      C'est vrai que le verre ou l'inox ont l'avantage de ne pas contenir et diffuser des substances chimiques douteuses contrairement au plastique. Toutefois, j'y vois plusieurs inconvénients : le poids (plus lourd), la forme (il n'y a pas tant de variétés possibles contrairement à ce que la gamme tupperware propose), et la fonctionnalité (on ne peut pas mettre un contenant en inox au micro-onde par ex.). Pour ce qui est du verre, j'ajouterai encore la fragilité (j'ai déjà cassé plusieurs "tupperwares" en verre). Est-ce que l'argument santé pèse plus lourd que le côté pratique des tupperwares (les vrais donc) en plastique ? Je ne sais pas.
      Idéalement, je souhaite que les gens apportent leur propre contenant : je serai certaine qu'ils sont à l'aise avec.

      Mais j'avoue que c'est principalement une question de méconnaissance de ma part dans ce domaine, et il me faudrait en avoir sous la main pour m'en faire une idée.

  • Bonjour,

    merci pour votre réponse.

    C'est certain que le plastique présente l'avantage d'être léger et qu'il se casse difficilement.

    Et les clients qui le souhaitent peuvent toujours transposer le plat dans un récicipient en verre quand ils arrivent chez eux pour le faire réchauffer. 😉

    Si vous arrivez à faire en sorte que les clients amènent leur propre contenant, cela serait vraiment top 🙂

  • Sans aucun doute, le Tupperware est un des instruments qui ont le plus révolutionné l'industrie alimentaire ainsi que la préservation des aliments de ces derniers temps, réalisant de considérables progrès à l'égards de notre manière de nous alimenter et de conserver les aliments. Pourtant, de constantes améliorations de ce produit ont continuer d'apparaître tout au long de ces dernières années.

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