Les logiciels libres pour les (bio)nuls

Logiciels libres et développement durable
Logo Gnu et Tux du collectif ll-dd.ch

Jeudi après-midi 4 juin passé, je suis allée faire la promotion des logiciels libres au centre commercial de Balexert dans le cadre du Festival du Développement Durable à Genève.

"Les logi... quoi ?!"

OK, je me suis dit "Respire un bon coup, t'es dans un centre com-mer-cial, tu parles à un petit vieux qui fait ses courses et qui a des lunettes aussi épais que des fonds de bouteille." Moi : Vous savez utiliser un ordinateur M'sieur ?

En cas de oui, raaah, soulagement, je pouvais commencer mon topo, pas très rôdé par rapport aux autres bénévoles des associations Swisslinux.org et GULL, réunies sous l'appellation ll-dd.ch. Des bénévoles gravitant autour de notre stand coloré dans ce centre commercial depuis 2 jours déjà, entourés des stands Swissaid, Max Havelaar ou les Magasins du Monde...

Moi, je suis tombée dans la marmite des logiciels libres quand j'étais petite. Je ne suis pas devenue très grande, et depuis, j'ai quand même troqué mon pullover mickey d'adulescent pour un style de trentaire bobo, mais j'y baigne encore quand même un peu dans cette marmite d'initiés. A l'occasion de ce festival du DD genevois, un effort particulier a été fourni pour expliquer les logiciels libres au grand public. Oui, toi qui me lis, grand public.

Toi, grand public : Bon alors quoi, c'est quoi ces fameux logiciels libres ?

Moi : Ce sont des programmes d'or-di-na-teur.

Richard Stallman, fondateur de la Free Software Foundation
Richard Stallman, le fondateur de la Free Software Foundation, photo par chrys

Toi : Ouhlàlà, un truc de jiiique ?

Moi (fronçant les sourcils) : Hein ? De quoi ?!?

Toi : de jeeeck ?

Moi : aaaah, de geek (on dit guiique)? Oui, et non. Au départ oui, mais maintenant, tout le monde en utilise sans le savoir (voir la liste des exemples pour l'usage courant). On appelle les logiciels libres des programmes qui ont la particularité de pouvoir être librement exécutés, copiés, étudiés et améliorés. Ils font partie de la philosophie du libre basée sur le partage et la collaboration sur une oeuvre collective. Wikipedia en est un exemple dans le domaine de la connaissance, mais la culture du libre s'étend dans l'art en passant par la bière artisanale.

Toi : Aïe, ça fait très flower-power, et cheveux longs tout ça.

Moi : Quand on voit la tête du gourou des logiciels libres, c'est vrai, j'aurais de la peine à prétendre le contraire. Mais dans le principe du libre où copier, c'est bien, réutiliser c'est encore mieux, je vais te proposer de zieuter

  1. les jolies affiches de ll-dd.ch (en particulier cette affiche donnant 7 bonnes raisons pour utiliser des logiciels libres) et son "petit" film explicatif qui dure tout de même une vingtaine de minutes, voire le très joli court métrage Big Buck Bunny fait rien qu'avec des logiciels libres ;
  2. l'extrait du 19:30 de la tsr du 9 juin. Si si, je parle bien du téléjournal romand avec notre Darius à nous.

OK, wouèèèh, je veux essayer les logiciels libres

Ben là, y a plusieurs possibilités pour le néophyte.

  1. Tu repères quels programmes libres tu pourrais utiliser (genre navigateur web, traitement de texte, éditeur d'images etc.), tu télécharges et tu lis le manuel (dur, dur, je sais, c'est Monsieur21 qui a lu le manuel du babycook), ou tu te fais aider par quelqu'un qui utilise déjà un des logiciels visés.
  2. Tu connais un voisin ou une voisine qui s'y connaît et qui sera ravi de t'initier - en fait, qui n'attendait que ça derrière ses lunettes fines, ses cheveux longs et son t-shirt avec un logo informatique (*).
  3. Tu te dis, Madame21 elle rêve en couleur, si je connaissais quelqu'un près de chez moi, cela serait facile, mais là... TATATAAAA. Tu contactes un parrain ou une marraine Linux en Suisse Romande qui sera ravi de t'aider même si tu veux garder ton ordinateur sous Mac ou Windows.
  4. Tu te renseignes quand se déroule la prochaine Install Fest dans ta région (pour cela, contacte une association de logiciels libres) mais c'est pas super fréquent, alors essaie de sonner chez ton voisin ou ta voisine geek.

(*) Attention, ceci est un cliché, le geek ou la geekette se décline actuellement sous divers looks, du costume-3-pièces au jeans/t-shirt décontracté.

Pour en savoir plus

  • Association Swisslinux.org (adressée au débutant via un forum) et GULL (plutôt pour des thèmes plus spécialisés par liste de diffusion et cours mensuels)
  • Internet (mais y a tellement de matière qu'on s'y perd), ça s'appelle aussi Open Source Software, des fois

Madame21

Maman21, entrepreneure associative, citoyenne engagée, optimiste irréductible.

Commentaires

  • j'ai un amis qui correspond bien à la description du "geek". Par contre, il a horreur de ce terme. Il trouve ça péjoratif. (il dit rien de particulier, mais bougonne quand il entend ce mot).

  • 🙂 La notion de geek s'est démocratisée et désigne maintenant plutôt des personnes qui maîtrisent bien le domaine de l'informatique, et des technologies qui y sont liées. C'est plutôt bien vu d'être un geek, cela suscite une certaine admiration pour la connaissance, la passion de la technologie, et il n'y a plus, a priori, de connotation péjorative. Le fait d'être asocial, ou étrange de par sa passion pour l'informatique est maintenant plutôt portée par la désignation de "nerd".

  • Merci à gouik pour ce témoignage poignant.

    On n'a pas pu convaincre Hervé Vilard de changer les paroles de sa fameuse chanson, il soutenait mordicus que "Capri" sonnait bien mieux que "Windows" (il paraît qu'elle a quand même fait un tube sa chanson) 🙂

    Ceci dit, pour des raisons pratiques (édition collaborative sur un document Word par ex.), j'ai un dual-boot Ubuntu-Windows au bureau.

  • Merci, j'ai bien ri. "Jeeck", je n'avais jamais entendu encore...

    Et bien chez nous en France, ça reste encore assez péjoratif dans le sens commun... Sortant d'une école d'ingé (où on aime beaucoup le logiciels libres ;-), le terme "geeck" était réservé à une certaine catégorie la plus extrême. Et se faire apeller "geek" n'était pas très agréable.

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